Mam'zelle l'étudiante & M'dame Prof

24 novembre 2014

De la souffrance d'être contractuel(lle) dans l'Education Nationale.

Je passe les grands discours à base de "Coucou les lapins, bon alors ça a changé dans ma vie". Certes, ma vie a changé mais je ne compte absolument pas la détailler outre mesure. Manque de temps, manque d'envie, inutilité notoire. Ca y est, je suis une vraie de vraie. Et à moins de cracher sur un élève ou de ramener une kalachnikov en classe je serai très bientôt titulaire. Je suis désormais professeur certifiée (= j'ai eu mon concours (et c'est la joie et les bisous)).

 

Aujourd'hui, alors que je gambadais joyeusement entre photocopieuse, machine à café et bureau du CPE, je croise une collègue qui tout comme moi est professeur stagiaire. En clair, c'est notre première année après avoir brillamment réussi le CAPES. Elle m'attrape le bras et me dit d'une petite voix "Dis voir, faut que je te dise un truc !". Alors que je pensais à quelque chose de grave comme notre élève en commun qui du haut de ses 12 ans se serait peut-être enfoncé un crayon dans le nez, elle me dit à voix basse : "Tu sais pas ce qu'a fait la contractuelle ?".

 

Voilà le contexte qui va me servir à développer mes propos. La dite collègue, contractuelle (c'est-à-dire tout simplement qu'elle n'a pas décroché le concours ou bien aussi qu'elle n'a pas envie de le passer), aurait commis une maladresse "diplomatique" envers la direction. Soit, ce qu'elle avait fait n'était pas très judicieux, là n'est pas la question. Ma collègue stagiaire surenchérit : "NAN MAIS EN PLUS ! Tu verrais le bordel dans ses classes ! A chaque fois que je passe devant sa salle, c'est un de ces bordels !". 

 

D'un pas assuré, j'ai esquivé ma collègue stagiaire. Sans un mot. Parce que je ne voulais pas envenimer la situation. Parce que je ne voulais pas me lancer dans un discours que je suis de toute manière sur le point de livrer ici. Parce que j'avais encore des photocopies à faire et que très sérieusement je n'en avais que braire de ses histoires. 

 

Ce genre de comportement, je le remarque désormais depuis que j'ai quitté le monde des contractuels. Il n'y a pas à dire, nous sommes en tant que professeurs jugés d'une façon totalement différente que nous ayons le concours ou non. Un professeur contractuel par définition est catalogué comme incompétent, ignare, incapable de réussir un concours, dénué de toute pédagogie et cerise sur le gâteau sujet à des bavardages des élèves autant dire le summum du ridicule en salle des profs.

 

Avant toute chose...

 

DEJA BORDEL LA CONTRACTUELLE ELLE A UN PRENOM.

 

Je règle la question de l'attitude des élèves envers un contractuel. Pour les élèves le contractuel c'est celui qui bien souvent arrive en cours d'année. La plupart ne sont pas nommés sur une année entière. Et mine de rien, c'est difficile d'asseoir une autorité sur des classes lorsque nous arrivons comme un cheveu sur la soupe (ou bien quand les dits élèves n'ont pas eu cours pendant deux mois et étaient bien contents d'aller bouffer des Kinder Bueno avec les copains plutôt que d'aller en maths (on peut remplacer ça par fumer des pétards derrière le bahut ou rouler des galoches aux gonzesses à l'abribus)). Il est également plus compliqué d'avoir une certaine aisance lorsque nous sommes les Mme X sur les emplois du temps des élèves. En effet, un gamin qui sait qu'il aurait Madame Bidulemuche appellera sa prof Madame Bidulemuche. Mme X c'est l'abstrait, Mme X c'est l'inconnu. Alors effectivement les élèves ont un rapport différent avec un contractuel, qu'ils sachent ou non le pourquoi du comment. Je l'ai ressenti donc je sais un peu de quoi je parle, mince !

 

Que certains contractuels soient des branquignoles je le conçois volontiers. Mais un titulaire non non, jamais. Ah bon ? Vous n'avez jamais, vous, rencontré dans votre scolarité des enseignants complétement à la ramasse ? Je parie que 90 % d'entre eux étaient des titulaires. 

 

La réelle souffrance ne se limite pas aux simples bavardages des élèves. Elle se manifeste dans le rapport entretenu entre collègues titulaires et eux, ces contractuels. Entre des directions et des contractuels. Le contractuel en somme est le bouche-trou. Au sens propre du terme. Il vient combler un poste qui est resté vacant par un titulaire faute d'enseignants, congés maladie ou bien congés maternité. Il ne sert qu'à cela. Et à ce titre il est considéré à la mesure de son "rôle" et surtout pas comme un enseignant à part entière.

 

Le cas de figure que j'évoquais plus bas me fait vomir mes tripes. Il montre l'hypocrisie sous-jacente de certaines personnes qui se sentent supérieures grâce à un "titre". Si j'avais eu le courage de claquer dans la tronche un bien senti "Cocotte, tu enseignes depuis 3 mois et tu te permets de juger quelqu'un qui travaillait déjà quand tu portais des couches ?"... Mais non, j'ai participé à cette mascarade et ce soir je me sens mal de l'avoir fait.

 

Parce que d'accord, peut-être que certains contractuels ont des difficultés dans ce que l'on appelle dans le jargon de l'Educ Nat la "gestion de classe" (ce qui équivaut à la bonne vieille discipline). Et alors ? On ne peut pas l'aider plutôt que de l'enfoncer encore plus ? Où seraient passées nos journées entières de formation à deux euros six cents basées sur "l'entraide entre collègues et le travail en équipe" ? Ca, c'est le monde des Bisounours paillettés qui copuleraient sur des arcs-en ciel. En réalité, certains prennent le pli des messes basses et autres coups de poignard dans le dos bien trop rapidement. 

 

Ce soir je voudrais juste avoir une pensée toute particulière pour mes anciens et actuels collègues contractuels. Je me rappelle avec admiration de certains et certaines adoré(e)s des gamins, qui avaient une pédagogie de malade, qui géraient les classes comme personne. Je pense à ceux et à celles que je ne connais pas mais qui sont contractuels depuis des années et sont victimes du mépris de l'Education Nationale. Je ne vous oublie pas de ma "hauteur" de professeur certifiée et je vous félicite chaudement de rester malgré tout.

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19 juin 2014

Mamzelle sort d'outre-tombe

Chatons mignons (enfin pas trop),

 

Aucune inquiétude, Madame Prof ne va pas faire renaître un blog de ses cendres. Un soir de juin 2014 comme un autre, à ouvrir les archives d'un vieil ordinateur que je suis obligée de ressusciter après un malheureux accident d'un félin qui a pris l'ordinateur flambant neuf pour une litière améliorée. Madame n'est toujours pas titularisée professeur certifiée de première qualité, de Deutsche Qualität précisons. Cela ne saurait tarder puisque dans quelques jours je vais ENCORE devoir me plier aux exigeances d'un jury qui doit absolument recruter du prof mais qui tente tant bien que mal de faire dans le sélectif.

Vous avez quitté une petite prof en devenir, aux prises d'un collège maléfique. Et une année scolaire plus tard, sachant que le collège qui a bercé mes débuts va être détruit (ce qui n'est pas une mauvaise chose au demeurant) je le clame haut et fort : j'aime mon métier.

Cette année scolaire a été magique sur tous les plans. Et magique ce n'est pas un vain mot. Lorsque j'ai écrit mon dernier article sur ce blog j'étais blasée. Dépitée. Pas véritablement au point de renoncer au métier d'enseignante, mais presque. Cela a sans doute joué sur mon échec au Saint Graal en juin 2013. Remontons donc dans le temps vous voudrez bien.

En juin 2013, je passais les oraux de mon concours de prof. Hyper confiante puisque l'on m'avait rabâché tout au long de l'année que c'était dans la poche, j'y suis allée presque les mains dans les poches. Et j'ai tout loupé. On combine sujets pourris, stress inutile et motivation proche de zéro après avoir vécu une année horrible dans mon collège avec une patronne tyrannique je me suis laissée envahir.

Et en septembre, avec la perspective de savoir qu'en juin 2014 je pouvais retenter ma chance au concours, j'ai appris l'une des meilleures nouvelles : j'allais enseigner dans le lycée où j'ai été élève. Et là... j'y ai vécu 6 mois superbes. Le lycée est un monde totalement différent du collège. Mais une chose avant l'autre : je passais à un niveau supérieur : celui de prof à temps plein. Et non plus à 6 heures / semaine, ce qui après réflexion est rien du tout du tout. J'avais six classes en responsabilité. Et six classes différentes sur tous les plans. Des petits secondes choupinets à la classe de 12 bonhommes plein d'hormones. Pour la première fois de ma lonnnngue carrière j'allais au travail avec le sourire. Alors je relate un récit proche d'un monde Bisounours qui auraient copulé avec des chatons mais c'est pas loin. J'ai encore du faire de la discipline faut pas croire, mais je garde en mémoire uniquement les bons moments. Celui de motiver une élève à passer un examen de certification de langue alors qu'elle n'avait pas confiance en elle. Rire avec mes petits bonhommes qui bavaient face à Madame puisque sachez que ce doit être sacrément compliqué pour un adolescent de 17 ans de m'avoir comme prof. Et ne plus être seule dans ma discipline dans un établissement. Bien évidemment, mes anciens collègues m'ont beaucoup manqué (ce qui ne semble pas être le cas pour certains, à mon plus grand regret) mais j'en ai rencontré d'autres tous plus attentionnés et attentifs à ma petite personne. Et puis j'ai du quitter ce premier établissement en janvier. Un déchirement. Mon petit coeur saignait rien qu'à l'idée. Mes élèves allaient trop me manquer ! Et ils m'ont tous couvert d'éloges lorsque je suis partie. Des mails dégoulinants d'amour et de reconnaissance, des cadeaux avec des coeurs dessus, presque des pétitions pour que je reste. Un déchirement je vous dis. Et je suis tombée sur un deuxième établissement. Et... moi qui pensais que j'allais pleurer pendant 6 mois, je suis restée bouche bée face à la facilité que j'ai pu avoir à être à l'aise avec d'autres élèves. Alors ce n'était pas la même chose. Pas la même affinité, pas le même lien. Avec les collègues non plus, même s'ils m'ont accueilli de la plus belle façon qu'il soit.

Je passe les détails, parce que ce serait ennuyeux. Mais au final, je garde en mémoire le sourire que j'ai pu avoir tout au long de l'année. A concevoir mes cours. A voir les élèves me faire de grands coucous parce que j'étais leur idole (oui, je fais dans l'exagération).

 

Au final rien qu'une chose : si le jury que je dois voir dans quelques jours ne sent pas que je suis plus motivée que jamais à vivre cela à nouveau, j'irai les ennuyer tous les ans pour enfin être fonctionnaire. Cela ne changera rien, ma voie est trouvée, je serai prof. Parce que cette année j'ai cru (parce que je suis un Bisounours je suis toujours obligée de le préciser, même que des gens ils ne comprennent pas comment que je peux être aussi émerveillée de l'Educ) pouvoir transmettre pas seulement quelques règles de grammaire mais aussi peut-être un temps de joie dans le quotidien de gamins. Moi, je me suis éclatée à jouer ce rôle. Et si on me demande encore pourquoi je veux faire cela, je réponds toujours que je ne me vois pas ailleurs. Rien d'autre ne m'intéresse. Et si on peut se lever le matin, certes fatigué(e) et avec l'envie de dormir, même si ce n'est pas franchement toujours le monde des licornes, même si je sais que cette année n'aura été qu'une parenthèse choupinette avec des pioupious d'amour et que j'aurai encore à faire avec des petites frappes, maintenant je comprends ceux et celles qui ont vécu ce que j'ai pu voir pendant un an : être prof c'est un métier gratifiant lorsque l'on se donne la peine qu'il le soit.

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16 juin 2013

Il n'a plus lieu d'être.

Le blog. Il n'a plus lieu d'être. Son titre est devenu totalement obsolète.

Mam'zelle n'est plus Mam'zelle Etudiante. C'est bizarre de franchir pour la dernière fois le seuil de la porte de l'université. L'émotion n'était pas due à la fin.

A l'heure où les élèves de Terminale stressent un max (ou non...) en passant leur dernière journée de révisions, je me dis que j'étais à leur place, il y a six ans. Six ans. J'aurai donc passé six années de ma vie à arpenter les différents couloirs de ce que proposent les filières dites post-bac.

Des deux premières années de sang et de larmes. Mes professeurs nous avaient prévenus : si tu choisis la classe prépa, c'est que tu es l'Elite de la Nation. J'y ai vu un monde parfois snob, peuplé de post-adolescents qui possédaient trois téléphones portables et venaient en cours avec des sacs Chanel. C'était drole à voir pour Mam'zelle, la petite qui venait de son lycée pas franchement élitiste. Pour la seule boursière de sa promotion. J'ai tenté de travailler à mon rythme, en découvrant l'univers impitoyable des oraux. J'y ai forgé une carapace face à ces grands qui étaient là pour juger. Mais je ne me suis jamais totalement blindée au stress de présenter son travail.

Une année éloignée de mon "chez-moi", de mes repères. Portant la lourde étiquette de la fille de prépa qui était forcément snobinarde. A cotoyer des gens plus "normaux". C'était beau à voir.

Et trois autres années chargées, émotionnellement, physiquement, où les deux dernières ont été celles de la révélation du professorat.

 

Aujourd'hui, j'ai terminé mes études. J'ai soutenu mon travail de fin d'études couronné d'une flopée de compliments et d'une note frisant l'excellence. Enfin. Enfin, je suis reconnue.

 

Un jour, peut-être, devrais-je me replonger dans les études universitaires. Peut-être un jour arpenterais-je les couloirs de l'université à nouveau. Mais pas pour tout de suite, le temps de l'entrée dans la vie active a commencé. Un nouveau monde que j'espère riche d'expériences. Un monde que je n'aurai de cesse de regarder de mes yeux inquisiteurs. Prof. Pour de vrai.

Je vais quitter, quoi qu'il en soit, mon petit collège qui m'a valu les compliments universitaires sur ma capacité à analyser celui-ci. Ce petit collège qui est un microcosme à lui tout seul. Je n'ai pas de nostalgie ni même de tristesse apparente à le quitter. J'y ai fait mon temps. Etre confrontée à la misère sous toutes ses formes est et restera ma vie durant fort.

Alors qui sait ce que je vais y gagner, qui sait ce que je vais voir dans le futur. Peut-être pire. Peut-être meilleur. Mais un nouveau chapitre doit être écrit.

Ce blog est donc obsolète. Je m'exprimerai toujours, ailleurs.

 

Au revoir.

 

(Pour finir sur une note humoristique.)

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02 avril 2013

Il y a des jours comme ça...

Il y a des jours comme ça, où même si ça fait des mois que tu n'as pas écrit une ligne sur ton blog, tu te rues dessus dès que tu rentres à la baraque.

Il y a des jours comme ça, où malgré le fait qu'hier tu pensais à ton futur départ de cet établissement avec une petite pointe de nostalgie rapport "ma première fois dans l'éducation nationale" et tu te disais que les gamins, ils allaient te rester en mémoire, et pas d'une manière trop trop péjorative aujourd'hui tu envoies tout balader...

Il y a des jours comme ça, où comme t'as l'impression qu'on te file mille couteaux dans le bide par heure t'es pas dans une forme olympique et je passe les détails.

Il y a des jours comme ça, où t'as juste pensé de toi que tu n'as été qu'une enseignante bouseuse incapable de réaliser un cours correct, enrichissant et constructif mais plutôt quelque chose ressemblant à s'y méprendre à de la matière fécale.

Il y a des jours comme ça, où tu te fais encore une fois rabaisser par une Vipère avide de pouvoir et qui fait tout pour assouvir ses pulsions alors que ce serpent ne dirige qu'un petit établissement minable de Province tout juste bon à être classé dans les pires horreurs de la région, et pis tu ne dis rien, sans broncher. Que tu n'as envie que de lui dire qu'elle est aussi inerte qu'un chou-fleur et autoritaire qu'un poireau.

Il y a des jours comme ça, où les élèves choupinets, tu ne les vois même plus. Où tu es exaspérée par un tel qui te parle comme à son chien et encore s'il en a un il doit mieux le traiter, où tu soupires en voyant machin ne rien faire à part éclater des cartouches d'encre sur une feuille et faire mumuse avec des ciseaux, où tu pleures intérieurement quand truc te dit de rentrer chez toi plutôt que de donner cours, où machinbidulechouette te casse les bonbons que tu ne possèdes pas dans tes sous-vêtements.

Il y a des jours comme ça, où la rumeur de liaison entre ton collègue et toi, ça te faisait rigoler au début mais là tu satures. Que tu en as ras la casquette que les élèves te lancent des sous-entendus plus que douteux, fassent exprès de ranger les feuilles de SON cours dans le cahier de TA matière, simplement pour te causer de lui. A la rigueur t'as juste envie de leur dire que ouais, tu lui fais des cochoncetés tous les soirs pour qu'ils se taisent (private joke inside).

Il y a des jours comme ça, où bordel, un 2 avril c'est insensé qu'il fasse aussi froid et que malgré cela, t'as du soleil qui cogne direct sur ta salle de classe la transformant en sauna/hammam odeurs adolescentes comprises, et que manque de budget (mes fesses) t'as un rideau troué qui n'a pas été changé depuis... que je suis née j'imagine.

Il y a des jours comme ça, où le train t'énerve. Le bus t'insupporte. Que passer des heures dans les transports va bientôt te filer la nausée.

Il y a des jours comme ça, où t'aimerais bien dormir mais manque de bol ma cocotte, t'auras beau te shooter de cachetons, ta douleur ne cessera pas et Morphée te dira d'aller te faire voir.

Il y a des jours comme ça, où en réalité t'aimerais être je ne sais pas... par pur hasard à un peu plus de 500 bornes de chez toi.

Il y a des jours comme ça, où tu te dis que toi aussi, t'as encore des devoirs à faire, que comment veux-tu être une prof alors que tu n'es encore qu'une élève/étudiante.
 Et que jongler entre les deux, c'est compliqué.

Il y a des jours comme ça, où tu te dis que tu n'as même pas commencé ton mémoire et qu'on t'a comme qui dirait abandonnée à la fac.

Il y a des jours comme ça, bah tu te rends compte que t'as même pas le CAPES. Que ça craint. Qu'il faut réviser passke les écrits c'est fait (ouais ouais, reçue aux écrits, youhou joie dans ma petite culotte !) mais les oraux approchent, et tu ne sais pas encore comment tu vas réussir à caser quelques semaines de révisions.

Il y a des jours comme ça, petit interlude littéraire, où un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Que tu aimerais bien rentrer chez toi et avoir les bras rassurants que tu connais, alors tu les imagines. Pis tu te consoles avec une boule de poils qui ronronne et qui tout de même sent que tu satures et qui vient te regarder avec des grands yeux inquisiteurs.

Il y a des jours comme ça, où tu te dis que l'on est que mardi.

Et puis il y aura demain.

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27 janvier 2013

Educ...assée

Bonjour le peuple,

 

Mam'zelle n'écrit plus, c'est un fait. Il faut dire que cette année est riche en émotions, du genre devenir une figure emblématique citée dans les journaux, aller taper la causette avec les gens du monde politique qui passent à la télé et qui sont intelligents (et c'est rare), se faire arracher le bras et se faire caresser tendrement les mains par quelqu'un de connu (j'ose le smiley made in réseaux sociaux <3), peut-être devenir rédactrice de webzine, être en arrêt maladie because burn out total because y'en a marre de se faire insulter pis de se faire balancer des objets divers et variés dans la tronche par des adolescents prépubères de 13 ans qui sont en totale rebellion "les profs c ts d cons XD". Et accessoirement, j'attends fébrilement ZE résultats du concours de prof qu'est censé me faire accéder à respect, considération et paie décente (je reste une personne naïve et naturellement optimiste surréaliste et absolument pas névrosée).

Lors d'une réunion interminable à base de powerpoint de budgets de parti politique, de crépage de chignon et de textos envoyés de manière désespérée ("JE M'ENNUIE", "JE N'EN PEUX PLUS", "JE VAIS CREVER") et de six cafés en l'espace d'une après-midi, j'ai griffonné deux trois choses que Mam'zelle a du mal à relire. En substance:

 

Je ne sais pas chez vous, en tout cas dans ma ville où la moyenne d'âge de mon quartier avoisine les 97 ans, où tu croises des chihuahas avec des petits vêtements ridicules sinon le pauvre petit va prendre froid, se trouvent des tonnes d'affiches destinées aux rares jeunes qui se seraient égarés ou auraient pris la mauvaise ligne de bus. CA :

affiche recrutement1

 

affiche recrutement2

affiche recrutement3On remarquera tout de suite une mixité sociale de fou: une noire (mince, une personne de couleur (c'est con d'ailleurs de dire "de couleur", le blanc et le noir c'est pas des couleurs d'abord)), un barbu et une petite blonde. Ben ouais passke c'est comme ça dans les médias : faut bien une personne de couleur (non non, je n'oserai plus dire noir-e promis promis) qui présente le JT de 13h, dire que les arabes ne sont pas tous des voleurs MAIS nous pondre des émissions "enquête ultra spéciale sur les vols à main armée que des roumaines vont aller piquer des I-Phone dans le métro", nous présenter la diversité de la population française avec des émissions "la vraie vie de ces gens qui viennent du Nord et qui sont fans de Johnny ou de Frédéric François" et affirmer que la parole de Madame (je suis polie) Frigide (la) Barjot (elle porte bien son nom de Frigide) a d'autant plus de valeur que celle d'homosessouels qui franchement déconnent à vouloir passer devant Monsieur le Maire. En bref, une quatrième affiche avec un transsexuel aurait encore été de meilleur goût.

Deuxième chose: mais ces slogans racoleurs, ils y ont réfléchi combien de temps au Ministère de l'Education Nationale ? Passke sincérement, fallait bien aller se creuser les méninges pour nous sortir de telles choses. Même Mam'zelle n'y aurait pas pensé. Chapeau bas aux gens d'la com' (ouais, quand t'es quelqu'un qu'organise des soirées comme Mam'zelle ensuite tu ne dis plus communication mais com' passke ça fait plus hype (allez me foutre des coups de pied dans les chevilles je vous en prie)).

 

  • Ze première affiche : "Une nouvelle formation au contact des élèves" alias "Un diplôme pour que le contact avec les élèves soit un conflit perpétuel". Cette formation n'est EN AUCUN CAS une formation au contact des élèves. Pour petite preuve: certains de mes camarades estudiantins n'avaient jamais vu un élève avant l'année de Bac + 4, si ce n'est des réminiscences et vagues souvenirs de collège. La nouvelle formation des enseignants tournée vers la masterisation voulue par feu M. le Président jusqu'en 2012 a littéralement déconnecté les étudiants de la réalité pratique. Pour expliciter mon propos, je me propose pour esspliquer en quelques mots ce que veut dire "masterisation". Déjà le Master c'est l'équivalent du Bac + 5, qui existe depuis la refonte de l'université en vue de l'uniformiser au niveau européen: tu as une licence si tu as un Bac + 3 et un Master si tu as un Bac +5, pis un doctorat si t'es un fou / une folle furieus(e) c'est Bac + 7 (et pour les psychopathes tu fais médecine et t'as Bac + 32). Depuis voilà quelques années, les étudiants se destinant à être enseignants ne suivent plus de formation à l'IUFM (structure toujours existante pour ceux et celles qui veulent être professeurs des écoles, alias prof pour des élèves en couche culotte) mais se retrouvent à l'université. Et ça, c'est juste un peu tout pourri quand même: passke faut pas non plus pousser pépé dans des ronces, ben on ne va quand même pas payer des professeurs d'université pour instruire des étudiants qui veulent devenir enseignants ET des étudiants qui ne veulent pas du tout faire cela. On se retrouve donc mêlés à des camarades de promo qui n'ont que faire de formation pour futurs enseignants. Et ça, c'est super préjudiciable pour nous, les futurs enseignants respectés, choyés et "fonctionnaires éthiques et responsables".

 

  • Ze deuxième affiche, donc celle avec le monsieur barbu me fait juste pouffer de rire et me fait m'avaler mon bonbon Arlequin. Une formation REMUNEREE pour les futurs enseignants. Laisse-moi rire. Mais laisse-moi rire. Si j'ai bien lu tous les écrits provenants du site du Ministère, faudrait croire que ceux qui auront la chance de décrocher le fameux sésame au concours cette année vont attendre un an pour ensuite passer les épreuves orales et en attendant ? En attendant ils et elles seront en poste pour un 6h par semaine payé comme un mi-temps, c'est à dire pour 9h d'enseignement. Simple détail: un plein-temps de prof c'est 18h ou plus si tu fais des heures supp'. Oui oui... bien, bien. Mais c'est une très chouette idée ! Dès septembre 2013, ceux et celles qui auront réussi avec brio les épreuves écrites du concours vont être lancés dans un poste comme on lance un bout de viande dans la cage d'un lion. Cette initiative est très certainement largement inspirée de l'expérimentation dont j'ai fait les frais l'an dernier, c'est-à-dire l'instauration d'une formation alternée, destinée à provisoirement combler les déficits criants d'enseignants dans l'Educ Nat. Et pourquoi c'est naze ? Passk'on essaye de faire du racolage publicitaire pour un métier difficile, où clairement on nous essplique que limite tellement il manque des postes que le concours on va te le donner. Primo, le concours doit rester un concours sélectif, basé sur de réelles connaissances. C'est ce qui est fait. Mais COMMENT, dites-moi, COMMENT peut-on juger de la qualité, du mental et de la volonté de quelqu'un qui aura réussi des écrits d'un concours ? La sélection dans ce recrutement aurait du être inversée: faire passer des oraux avant de faire passer des écrits. N'est-ce pas là une idée un tant soit peu plus judicieuse ? Imaginez quelqu'un qui ne possède en son fort intérieur et dans son caractère une certaine force, quelqu'un qui aurait une intelligence créee à base de bachotage intensif MAIS qui se révèlerait être un fin fou sociopathe (j'exagère volontairement) ? Ben c'est naze (bis). Ensuite : d'accord, t'as brillamment réussi tes écrits, t'es tout heureux(se) et donc on va te donner un poste de 6h pour une année, payée 9h. Tu te dis cool raoul, c'est trop d'la balle. En septembre tu arrives dans un établissement sans avoir jamais vu la couleur d'un élève (hé hé), sans connaître le fonctionnement d'un établissement (savoir gérer tout le travail externe à ta salle de cours comme utiliser les logiciels internes, préparer un conseil de classe, se préparer à des rencontres parents-professeurs, être confronté(e) à des face-à-face avec des parents pas toujours compréhensifs et soucieux d'éduquer leurs enfants dans le respect et la bonne conduite, connaître le fonctionnement de l'organisation d'une sortie scolaire, les réunions de conseils pédagogiques, de commissions éducatives, de conseils de discipline etc etc... et ACCESSOIREMENT préparer des cours, des séances, séquences, toujours prévoir, anticiper, se remettre en question, corriger des copies, envoyer des tonnes de mails etc etc...) et là ben les cocos ils et elles vont être sacrément démuni(e)s, et vont se dégoûter eux (elles)-mêmes. BIEN ! L'idée d'un parcours alterné est dans le fait un truc qui gère la fougère (hé hé), mais NE LANCEZ PAS des étudiant(e)s dès le mois de septembre, ne serait-ce que pour 6h ! Prévoyez au minimum deux mois au sein d'un établissement en observation et en autonomie partielle avec un ou une collègue qui saura guider, faire apprendre, prodiguer moults conseils essentiels. Mais là je suis dans une douce utopie que l'Educ Nat ne sera jamais en mesure de réaliser. Pourquoi ? Passk'il faudrait trouver des enseignants volontaires pour prendre en charge les étudiants, et force est de constater que même actuellement c'est déjà la croix et la bannière pour réussir à trouver des profs qui acceptent de prendre en charge les étudiants qui actuellement ont DEUX stages de TROIS SEMAINES en dernière année. Pourquoi ? Passke c'est sous payé, c'est une tâche ingrate et non reconnue. Alors moi je proposerais bien de donner l'occasion à des enseignants de faire cette prise en charge avec à la clef un salaire plus conséquent à la fois du mois. MAIS JE SUIS BETE: plus de fric dans le pays.

 

  • Ze troisième affiche: "Qui veut la réussite de tous ?" pas l'Education Nationale faut croire... Passke la réussite n'est pas accessible à tous. Comme je le disais, certain(e)s ne sont PAS fait pour exercer le métier d'enseignant. Ils ou elles ne le savent pas encore, mais la chute est d'autant plus terrible des années plus tard. Déjà que la formation de masterisation a lourdement appauvri une formation qui était déjà bien maigre. On lance des étudiants dans un métier difficile sans prévenir, sans les confronter à une réalité PRATIQUE, si ce n'est ces quelques stages d'observation à durée trop limitée. On instaure des formations alternées uniquement dans le but de combler des matières déficitaires sans réellement se soucier de l'avenir de l'Education Nationale, c'est-à-dire non pas uniquement les futurs enseignants mais SURTOUT les élèves, ceux-là même qui vont être en face de professeurs inexpérimentés d'un point de vue pratique. On recrute en réalité des CONTRACTUELS sous-payés, qui ne seront pas suivis, formés. Et en plus, cette campagne de recrutement est un cache misère des suppressions massives de postes dans l'Educ Nat sous Sarkozy Ier.

 

  • Je souhaite déjà, en premier lieu, que les contractuels qui ont une ancienneté dans l'Educ Nat qui avoisine souvent la dizaine d'années soient TITULARISES. Passk'il est inconcevable que des professeurs contractuels qui ont prouvé qu'ils étaient tout autant compétents que les titulaires ne soient pas reconnus à leur juste valeur. Passke je souhaite qu'ils et elles aient une sécurité de l'emploi passke bien souvent en septembre ils se retrouvent sans boulot sous prétexte que y'a pas de place (et dans ce cas là pourquoi on recrute ?). Je souhaite une restructuration des modes de formation basée sur l'unique pratique à un certain degré d'études.

 

Et je souhaite avoir mon concours cette année passke j'l'ai passé en 2012. Alors pensez à moi pour dans quelques jours.

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13 octobre 2012

Blog en reconstruction, blogueuse en reconstruction

Les p'tits chats,

J'inaugure une nouvelle partie de ma vie qui va apparaître dans ce blog : mon engagement militant. Voilà quelques mois déjà que je dissémine ci et là quelques bribes de ce bout de chemin que je suis en train d'accomplir. Sur cette nouvelle rubrique (qui pourrait peut-être si j'en ai le temps, la chronophagie faisant partie intégrante de ma life, devenir un blog à lui tout seul) je pourrais parler à la fois de l'actualité qui me fait bondir mais aussi de ce que signifie pour moi l'engagement politique, à travers des récits de rencontres ou bien encore sur le fondement même de ma décision personnelle.

 

Comme vous le savez, il y a quelques mois, j'ai sauté le pas et je me suis "encartée" (terme que je n'aime pas du tout, le mot encarté évoquant de suite une notion de cloisement à la fois idéologique et militant). On va dire plus simplement que je suis devenue membre, adhérente du Parti Communiste Français. Depuis peu je milite, assiste à différentes réunions, participe à des débats, des rencontres. Et j'y trouve une richesse incroyable, celle du partage. Je vais ainsi tenter de vous faire part de ce qu'implique cette notion de partage au sein même de ma visibilité à l'intérieur de ma bande de copains/camarades mais aussi dans ce qu'est l'engagement et le militantisme.

 

En décidant de prendre ma carte comme on le dit si bien, j'ai eu cette impression (même si elle ne s'est jamais fait sentir lorsque je n'avais pas de carte, un sympathisant ayant la même valeur dans la bande) que j'avais cette appartenance réelle à un groupe. Et quoi de plus normal que le partage dans un groupe ? Il me semble qu'aucune autre organisation politique s'investit autant dans le partage. dans le don de soi. Attention les gens, donner de soi pas dans tous les sens du terme ( ;-)))))) >>> clin d'oeil très appuyé). Tout d'abord donner de son temps. Donnée très précieuse dans notre actuelle société où nous sommes toujours à la recherche du temps, où l'on aimerait que les journées durent 48h et où l'on mène une course effrénée. Il est évident qu'il s'agit là d'un investissement, la vie ne nous permettant pas tous d'accorder le temps nécessaire. Pour autant, ce temps nous pouvons le trouver, au creux de deux heures à ne rien faire, en se bougeant les fesses un samedi matin au lieu de faire une grasse matinée. Et ce partage passe par ce temps que l'on y accorde. Pour autant, je suis sans cesse époustouflée par cet entrain toujours visible. En y réfléchissant deux minutes, je me suis dit que c'était tout à fait normal. Au sein de mon groupe je trouve toujours une épaule sur laquelle m'appuyer (ou une langue pour me lécher le visage... ;-))) >>> clin d'oeil toujours très appuyé) une oreille pour être écoutée, un sourire pour me redonner le moral. Mais j'y retrouve une certaine bulle dans laquelle je peux me lover pour échapper le temps d'un instant et qui m'extirpe de mon quotidien souvent laborieux. Alors bien évidemment, je vous vois venir, ce n'est pas non plus le pays des Bisounours. Un groupe qui se forme autour d'idées n'aura pas forcément des affinités personnelles à chaque cas de figure. Comme dans la vie de tous les jours, nous nouons des liens plus proches avec certaines personnes alors que nous montrons quelques divergences. C'est biensûr aussi pour cela que je reste très méfiante dans mon statut de jeune militante et jeune femme et jeune femme pas non plus "dégueulasse". J'ai effectivement eu quelques déboires lors de mes débuts, certains hommes sautant sur l'occasion (il ne faut pas oublier qu'un homme peut parfois "rester un homme" (je déteste tout autant cette expression) c'est-à-dire peut faire passer ses pulsions avant son engagement politique) me proposant leurs faveurs. J'ai parfois eu du mal à faire entendre que vie personnelle et privée n'avait rien à voir avec la vie militante et que par conséquent je tenais plus que tout ne pas mêler les deux et surtout bien préciser que je ne considérais pas le militantisme comme étant une annexe de Meetic. Je reste également méfiante sur mon jeune âge et tend à me positionner très clairement en m'investissant au maximum pour imposer ma vision et mes idées. A l'heure actuelle les choses sont mises au point et je suis considérée comme militante avant tout. Ainsi, j'ai depuis réussi à m'intégrer, à faire partie de ce groupe. 

Le partage passe donc premièrement dans l'investissement que l'on y met.

 

Le partage se fait à l'intérieur même de ce groupe. Que ce soit tout simplement par le partage matériel. Qu'un tel n'ait pas de voiture, un tel vient le chercher, qu'un tel ait des problèmes on le soutient de la manière qui nous semble être la plus appropriée. Mais elle passe par l'échange d'idées, au coeur de l'engagement politique. Il est nécessaire de réflechir ensemble. Il est très important de s'exprimer. Expression, partage, vous voyez le lien ? Bon, j'essplique. L'idée doit sans cesse être mise en mouvement, sans quoi avancer n'est pas possible. On a souvent considéré le PCF comme rigide, fermé dans son marxisme le plus primaire. On ne se leurre pas, surtout moi, dans l'esprit majoritaire (que certains appellent la masse des moutons mais je n'utiliserais pas ce terme) le communisme est imaginé comme étant poussiéreux, vieux et dépassé. Personnellement, moi qui a toujours baigné dans cette ambiance communiste, voyant la plupart de mes proches participer à ce parti, j'ai jusqu'à peu vu le PCF comme inaccessible à la jeunesse, peuplé de vieux cocos et j'avais jamais vu la jeunesse en mouvement au sein du parti. C'est là qu'intervient ma grande idée, celle de la mouvance du Front de Gauche. Ce mouvement est indispensable à la vie du PCF, sans quoi la poussière ne pourra pas partir. Le terme Front de Gauche fait tout d'abord moins "peur" que Parti Communiste Français. Le Front de Gauche s'est imposé comme étant rassembleur, créateur d'initiatives et a sorti le PCF de son bourbier. C'est bien pour cela que j'ai encore aujourd'hui du mal à entendre des vieux de la vieille se plaindre du grand tribun du Front de Gauche et qui les a également représenté le cher Jean-Luc Mélenchon. Que son leadership sur la grande force de la gauche dite alternative ne soit pas remise en cause pour des questions idéologiques de "ni Dieu ni César ni tribun". Sans réel porteur d'une idée commune, il est clair qu'il est impossible de réunir et de fédérer. Cette idée Front de Gauche m'est donc chère. Elle apporte un vent nouveau, une volonté de renouveau et de continuité politique. Que le PCF tire ainsi les leçons d'un passé qui les avait presque réduit à l'état de poussière dans la pelote de laine politique. Et l'on assiste aujourd'hui à ce dépoussiérage. Qu'il continue et se propage ! Partager pour faire évoluer.

Et pour faire évoluer qui, quoi ? Principalement les mentalités. Je pense qu'il ne s'agit pas là d'un combat politique au sens le plus pur du terme. Comme je le disais précédemment, il y a une majorité de personnes qui n'ont aucune envie de s'impliquer politiquement. La politique n'est pas une priorité essentielle. Pour autant, la question du chômage, les factures à payer à la fin du mois, ce que l'on subit au quotidien, les questions sociales sont au coeur des mentalités actuelles. Sans faire de politique, tout le monde s'y voit confronté à cause de la dureté de la vie d'aujourd'hui. Une personne est une voix lors d'un vote. Et c'est là où l'on oublie bien trop souvent que la mentalité vis à vis du monde dont nous sommes confrontés chaque jour n'est pas prête au changement, changement trop radical qui bien souvent fait peur. Là où la mouvance de Gauche est trop peu envisagée par bon nombre de personnes, c'est que l'on n'utilise pas le malheur de la société comme fond de commerce. Tabler sur la misère en disant que tout va être changé d'un coup de baguette magique sans que l'on ait à élaborer quelconque effort, c'est ce qui est exploité par un autre "extrême" celui de la droite la plus extrême. En effet, j'ai eu l'occasion de m'intéresser plus précisement à la manière dont étaient conçus et fabriqués les discours tenus par l'extrême droite. Si je dois faire un résumé très trivial et bien entendu réducteur c'est schématiquement : Vous êtes dans la misère, dans la mouise totale, vous avez l'impression d'être exploités par le système, venez, votez pour nous et nous allons tout changer sans que vous n'ayez rien à faire. Attends, si je réflechis deux secondes, pour la personne la plus moins impliquée politiquement, qui entend un discours frontiste de droite qui lui dit "Reste bien sagement nous venons et réglons tous tes problèmes" et un discours de gauche qui au contraire dit : "Tu es dans la misère, t'es dans la dèche, d'accord, nous sommes exploités par le système, bien. Viens, prend par toi-même l'initiative de changer et si tu y donnes du tien nous pourrons régler des problèmes" le raccourci est très vite vu. Le partage vient d'un effort commun que nombreux ne sont pas prêts à faire parce qu'ils n'ont pas envie d'y mettre de leur énergie. Il faut donc instaurer cette volonté de partage global. Il ne se fait pas exclusivement à l'intérieur d'une communauté qui pense comme toi. Ce serait bien trop réducteur et trop ancré dans un sectarisme tout à fait abject pour moi. Le partage doit se faire sur l'échange, le débat d'idées et sur le fait que l'on doit bien comprendre que l'on ne pense pas forcément comme toi. Ne pas accepter la différence et encore moins le dialogue mène droit au mur enduit de crépis. C'est en ne se fermant pas au dialogue que l'on unit. Et comment ? En s'impliquant et faisant bouger les choses à l'intérieur pour viser l'extérieur. En voulant aller à la rencontre ce qui passe par l'action militante. Là où la boucle est bouclée et où tout se rejoint.

 

Bon, voilà en gros et toujours bien mal exprimé ma position sur ce sujet et sur cette notion. Alors je tiens à dire à nouveau que j'évoquerai bien des sujets, bien des coups de sang vis-à-vis de la société actuelle, qui pourra aussi passer par mon domaine de prédilection qu'est l'éducation ou bien encore sur la formation universitaire calamiteuse. Je reste avant tout une étudiante, une jeune prof, un esprit plutôt revendicateur et jeune qui ne pourra pas tout traiter et tout étudier, mon action militante s'articulant également sur ma situation personnelle. Et puis je me suis dit que c'était franchement mieux de faire un papier sur un thème plus "léger" que de parler par exemple d'un conseil de discipline pas trop sympathique à base de menaces et de larmes ou bien encore de la fatigue qui m'envahit peu à peu. Et pis sinon, je pourrais toujours vous parler des potins du Parti, des histoires de coeurs et d'une Fête de l'Humanité très arrosée et pleines d'anecdotes toutes plus croustillantes les unes les autres.

 

Sur ce, je vais rejoindre mon Doudou pour une séance de câlins !

 

 

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05 octobre 2012

Prodiguez-moi des conseils, SVP

Les p'tits loups,

 

Mam'zelle reprend le fil de son histoire. Pour ceux et celles qui n'ont pas eu le courage/l'envie/le temps de lire l'essentiel des dernières pages...

Previously on Mam'zelle blog (Prison Break style) :

Mam'zelle, jeune prof arrivée sur le tard dans le métier se demande très clairement ce qu'elle fout dans ce merdier.

J'ai tourné les questions mille fois dans ma tête : la question du statut actuel du prof, le statut des jeunes profs, tout est mis à mal.

L'année dernière vous suiviez Mam'zelle dans sa première année dans un collège absolument bizarroïde à de très nombreux niveaux : un Tigre ultra chelou (pour plagier mes élèves), des gamins effarants de connerie, les tâtonnements, la visite surprise d'un Recteur qui venait faire la promo d'un dispositif en carton pâte et j'en passe.

Pour développer davantage que ces derniers articles, Mam'zelle a rempilé dans son collège qui désormais est passé du stade bizzaroïde à complétement acadabrantesque (waw que je sais bien manier la langue !) : un Tigre qui a fait ses valises et remplacé par une... Vipère, des gamins d'autant plus consternants de bêtise humaine, des agissements pour tenter de faire bouger les choses et pas de Recteur pour venir voir l'ampleur des dégâts.

Comme je l'avais précédemment évoqué, j'enseigne dans un collège qui est dit "classé ZEP". En gros, une catégorie pour dire collège pour gamins pas trop trop gérables. Des ZEP, il en existe partout à travers la France. Certains très coriaces, d'autres moins. Je ne saurais dire dans quelle zone le mien se situe, mais je constate une décadence suprême. Il s'agit d'un collège situé dans une toute petite ville, assez sinistrée où il ne reste ni commerces ni jolies maisons mais plutôt des maisons en ruines et des bâtiments HLM qui entourent ce dit lieu d'enseignement. Autant dire que la population qui peuple ce lieu n'a pas les moyens de changer de perspective et surtout de quitter la ville. Ils sont comme qui dirait cloitrés et réduits à une misère de plus en plus importante. Ces personnes ont bien évidemment des enfants, et des enfants scolarisés dans mon établissement. Des élèves issus de familles défavorisées, qui ont souvent des problèmes familiaux, financiers et (quelques fois) psycologiques. En clair, des personnes pour qui le rôle de parents passe parfois au second, troisième plan ou bien à pas de plan tout court. Des adolescents bien souvent laissés à la dérive, qui se débrouillent par leurs propres moyens. 

Par contre, ce sont des gamins pour qui l'école n'est en aucun cas une porte de sortie. Pourquoi donc ? Selon moi, plusieurs acteurs viennent les conforter dans leurs idées que l'école ne leur donnera pas les moyens de s'en sortir. Les premiers acteurs, je pense, sont les parents. Et cela consciemment et inconsciemment. Le contexte familial est celui dans lequel mes élèves passent une grande partie de leur temps. Pour savoir dans quelles situations ceux-ci vivent j'estime qu'il est inenvisageable pour des gamins de penser que travailler à l'école va les aider. Voir à longueur de journée des parents qui se retrouvent au chômage, qui galèrent à trouver un emploi et cela malgré des niveaux d'études plus ou moins importants, je ne pense pas que cela soit un moteur au travail. De plus, les parents qui vivent au "crochet de la société" comme on le dit si bien de nos jours, c'est-à-dire ces personnes qui n'ont jamais levé le petit doigt pour faire quelque chose de leurs mains entières et qui vivent d'allocations diverses et variées. Est-ce que cela motive les enfants à espérer voir mieux, plus loin ? Le deuxième acteur, et je le précise que cela n'est que mon avis subjectif, vient des médias. Nous avons une nouvelle génération qui vit constamment avec les médias qui râbachent à longueur de journée à travers les chaînes d'infos 24h/24 que l'on est dans une période de crise, que tout le monde est voué à la pauvreté, au chomâge, à la crise et que l'avenir franchement c'est pas top. Pourquoi s'évertuer à travailler ses devoirs lorsque l'on a en tête que l'avenir c'est tout pourri ? 

Bref, le propos n'est pas là. Enfin, si peu.

J'enseigne une matière dite secondaire. J'enseigne à des élèves terribles. A une classe en particulier surchargée. Et je suis la tête sous l'eau. Je ne vois pas d'issue. Alors que faire ?

- Faut-il être plus sévère ? Plus stricte ? Ah, effectivement si crier un bon coup suffisait à faire bouger les choses. Mais que nenni ! J'ai face à moi des élèves pour qui le mot sanction ne veut rien dire. Pour qui exclusion temporaire de l'établissement rime avec "Je vais pouvoir jouer à la PS3 toute la journée et me la couler douce", pour qui punition signifie "Truc que je ne vais pas rendre parce que de toute manière qu'est-ce qu'on pourra me faire d'autre ?" pour qui autorité n'a plus aucun sens. Que ce soit l'autorité du professeur comme celui des grands chefs. On me dit souvent : "Mais Mam'zelle fais imposer ta loi !" je réponds toujours : "D'accord, avec dix élèves. Avec vingt-sept, qui hurlent et braillent à tue-tête, tu penses vraiment que c'est possible ?" 

- Préparer des cours bien plus ludiques à base de vidéos chouettes et de prise de parole systématique. Est-ce là possible ? J'adorerais faire ce genre de choses. Organiser des cours interactifs, où les élèves communiqueraient entre eux, où ils pourraient échanger autre chose que des insultes du genre "Sale bâtard je vais te niquer ta race". Pour moi, c'est une sorte de paradis que j'aimerais plus que tout atteindre. Au lieu de cela, je suis plus ou moins obligée à davantage de monotonie, de cours à copier dans le cahier, et je ne peux que réduire au possible l'oral tant cet exercice est tout simplement impropre à l'effectif que je supporte.

- M'appuyer sur mon équipe pédagogique. Oui, je veux bien. Mais cela n'a aucun effet. Alors invoquer une Vipère qui fait sa loi durant deux minutes mais qui laisse ensuite sa prof démunie face à 27 monstres, cela ne sert à rien et me décrébilise encore plus. Le professeur ne suffit plus mais on le laisse tout de même seul(e) dans le naufrage.

- Faire des cours sans âme, sans coeur, sans envie et aller à chaque fois les voir en me murant dans une indifférence totale. J'en suis tout bonnement incapable. Je ne suis pas du genre à me laisser abattre, même si j'avoue que dans certaines occasions je n'avais qu'une envie c'était de rentrer chez moi, me mettre sous ma couette et serrer mon doudou très fort contre moi (oui oui, une prof PEUT avoir un doudou). Mais rentrer chez moi, m'emitouffler dans ma couverture et faire des bisous à mon doudou ce n'est pas possible et je suis là, sans rien pouvoir faire. J'ai tenté l'indifférence. Mais elle ne fonctionne pas.

 

Alors dites-moi, lecteurs, lectrices, que faire ? 

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29 septembre 2012

Quelques niouzes

A la veille d'un court séjour parisien pour aller crier et surtout gueuler que le traité européen ce n'est que de la daube et que non, ce n'est pas un petit truc de rien du tout qui n'aura aucune insidence sur les cinq prochaines années, Mam'zelle :

 

  • Prépare activement son concours de prof. Eh ouais, durant quelques heures, je redeviens cette Mam'zelle Etudiante sur les bancs de l'école, je comprends mes élèves quand ils disent que l'école c'est tout pourri et je me dis de plus en plus qu'étudier la littérature du XVIIIème siècle ne va absolument m'être qu'aucun recours lorsque j'entendrai un tel dire que la soeur de son voisin d'école n'est qu'une "grosse cochonne" (dixit un de mes élèves très très charmant). Et c'est un petit peu épuisant d'alterner les deux et surtout de voir l'écart phénoménal entre ce qui est enseigné et ce qui va véritablement m'être utile pour enseigner. M'enfin, s'il faut passer par là, je signe.
  • Se désole encore davantage de ses élèves. Il est bien marrant de se foutre de leurs gueules en les traitant d'ignares, mais au bout du compte... ben ça fout les jetons de voir à quel point ils sont totalement paumés, ignorants, débiles, et tout ce qui va avec. La jeunesse n'est plus ce qu'elle était ma bonne dame.
  • Se dit qu'il y a un an elle était encore pleine d'espoir sur cette jeunesse, sur son job et sur sa capacité à inculquer deux/trois bonnes valeurs. J'en ai fait le deuil. Je crois bien que l'insouciance est enterrée et j'aimerais beaucoup que le recteur revienne de par chez moi pour lui dire deux mots. Ohoh, c'était il y a bientôt un an. Le temps passe bien bien vite.
  • S'amuse à poster les conneries de ses élèves. Le must : la fiche de présentation d'un de mes gamins qui veut devenir, je cite "Génicologue". Je crois que je vais l'encadrer pour que chaque matin ne soit que rires et bonne humeur.
  • Prépare des interros, tout en se disant que ça ne sert fichtrement à rien que mes élèves sachent dire l'alphabet en allemand. Encore une belle connerie de l'Educ Nat : la non-mise en situation des élèves en langue vivante, qui par la même ne peuvent absolument pas saisir que non seulement on leur enseigne une langue mais aussi toute une culture et un patrimoine. M'enfin, faut quand même savoir dire l'alphabet, c'est crucial.
  • Se demande si elle va mettre : collants rouges, chaussures rouges, gilet rouge, t-shirt rouge et cheveux rouges (euh les mettre risque d'être difficile vu qu'ils sont déjà là) ou si ce ne va pas être too much demain.
  • Gambade sur Youtube et écoute des chansons à la con.

 

Mam'zelle va bien, tout va bien. 

Posté par Mlle Etudiante à 20:01 - Commentaires [1] - Permalien [#]

07 septembre 2012

Mam'zelle reprend du service

YOUHOU.

Mam'zelle est de retour pour une nouvelle année scolaire qui s'annonce comme étant riche en émotions diverses et variées (surtout des pleurs). Parce que j'ai tout simplement BEAUCOUP de chance, non seulement je n'ai pas réussi à avoir un poste qui me convenait davantage mais en plus je me retape le même établissement que l'an dernier alias le temple des horreurs. Points positifs : je connais l'établissement et je n'ai pas besoin de me repérer dans les couloirs pour trouver ma salle ou bien les toilettes puisque je peux y aller les yeux fermés (dans ma salle pas dans les toilettes), je connais déjà tous mes collègues et partenaires de travail et par conséquent je n'ai pas à redevenir la prostituée du sourire pour demander des services du genre m'amener à droite à gauche, je sais que j'ai des collègues super gentils et souriants (du moins pour l'instant, nous sommes début septembre et passé le repos estival, dans deux semaines tout le monde va se ramener avec des cernes de trois kilomètres de long et une tronche qui en dit long sur l'éreintement) MAIS je sais aussi que je retrouve des petites terreurs à peine sorties des couches culottes et qui se prennent déjà pour un ours en ayant trois poils dans le slip.

Alors que je n'ai pour le moment que quelques heures à mon actif et que je suis encore en phase de "RHAAAAAAAA je ne vais jamais mémoriser tous les prénoms", "Il faut que j'impose une autorité et une aura naturelle en très peu de temps" et autres réjouissances, ce qui m'a de suite frappé et que je n'avais eu de cesse de constater l'an dernier c'est le manque total de respect.

Il me semble qu'aujourd'hui, l'élève n'a plus aucune notion de respect. A peine si ce mot évoque pour lui un passage dans un réglement intérieur. Ce qui me choque à première vue c'est le manque de respect qu'ils ont entre eux. Qu'on ne se voile pas la face, il y a toujours eu de la moquerie entre élèves, certains qui parce qu'ils étaient plus forts s'amusaient à se moquer des plus faibles ou bien tout simplement parce que c'est une sorte de tradition de se chercher des poux. Mais mince, si j'ai de bons souvenirs à l'époque (prendre la voix d'une prof en fin de carrière) nous ne nous insultions pas de divers "fils de pute" et autres "gros bâtard". Maintenant c'est complétement symptômatique. Cela part de l'extérieur du collège où l'on s'insulte via les réseaux sociaux de tous les noms d'oiseaux à l'envoi de SMS à base de "sal chienne té k1 pute davoir couché avc dylan" et cela arrive dans l'enceinte de l'établissement. A tout bout de champ quand j'ouvre mes esgourdes je saigne des oreilles en entendant des "Madame ! Il a dit qu'mon père c'est un enculé !", "Vas-y ta gueule j't'ai pas parlé enfoiré d'ta race" et autres mots doux. Pour ma part c'est tout simplement affligeant de se voir infliger des mots pareils à l'oreille et je ne puis faire autre chose que de rappeller à l'ordre que dans mon cours il est bien stipulé que toute moquerie et/ou mot déplacé est passible d'une sanction.

Petite anecdote du quotidien (parce que je sais que c'est toujours plus parlant) : 

Un de mes élèves a quelques problèmes d'élocution et s'exprime avec difficulté. Ce n'est pas pour autant que je compte l'exclure de la prise de parole et je l'encourage le plus possible à participer et répéter le temps qu'il faudra ce qu'il doit savoir dire. Timidement il s'est exprimé soulevant l'hilarité générale. J'étais assez choquée du comportement de leurs camarades, surtout de l'une d'entre eux qui s'esclaffe dès que l'occasion se présente. Je n'ai pu m'empêcher de relever que si une nouvelle fois elle se prenait à se moquer à nouveau je prendrais un malin plaisir à me moquer de son langage tout weshwesh qu'il est. Réponse : Vazi z'avez pas le droit.

Ah bon ?

Car ce qui m'étonne le plus c'est que le respect est un élément essentiel qui leur revient dès lors que moi-même en tant que professeur je décide de ne pas les respecter. En clair, le professeur doit constamment respect à son élève quand bien même celui-ci ne le lui rend pas. Cela ne choque que moi ? Le respect est à double tranchant pour ces jeunes. Si pour eux il est tout à fait normal de parler à son professeur comme s'il était son meilleur pote, le professeur ne doit absolument pas rendre la pareille. Que l'on instaure une sorte de complicité dans une ambiance de travail saine ne me pose aucun problème et je serais d'autant plus "cool" si mes élèves l'étaient. Je ne stigmatise alors pas toute une classe entière. Je pense qu'il faut savoir établir un dosage entre les élèves travailleurs et sérieux combo respectueux qu'il faut encourager, aider, valoriser et ceux qui sont de fins branleurs incapables de tenir en place plus de trente secondes avec qui il ne faut pas faire de cadeau.

De même, (j'ajoute cela par rapport aux propos du papier) je suis formellement opposée à l'école ultra autoritaire. On peut très bien calquer mes propos en citant une certaine personne politique qu'il est aisé de reconnaître qui affirmait : "D'abord l'élève n'est pas l'égal du professeur. Il lui doit obéissance et respect. Les rangs doivent être de vrais rangs ordonnés calmes" par exemple. Déjà nous ne sommes pas non plus à la Gestapo. Alors je dis BIEN EVIDEMMENT que l'élève n'est pas l'égal du professeur, pas besoin d'avoir fait l'ENA pour le savoir et le revendiquer. L'élève n'est pas l'égal du professeur puisque l'élève se place automatiquement dans le rôle de celui qui s'approprie le savoir inculqué par le professeur. Qui plus est le professeur est un adulte alors que l'élève est encore soit un enfant soit un adolescent. Pourquoi est-ce que l'élève, sorti des cadres de l'école, respectera l'adulte en face de lui alors qu'il ne manifestera aucun respect envers son professeur ? Eh ben car le professeur est par définition celui que l'élève aura envie de ne pas respecter (parce que l'école c'est nul / les profs tous des bâtards / ça me pète les couilles rien à battre du collège). Et pourquoi donc ? Je pense qu'il faut aussi voir du côté de l'image du professeur dans la société toute entière. Dites-moi, à quoi vous fait penser le mot professeur ? Le premier qui me dira : celui qui possède le savoir et qui le transmet prend la porte directement car bingo la réponse est fausse. Lorsque l'on dit professeur, on pense de suite : des branleurs qui sont soit en vacances ou en grève, des incompétents qui sont responsables de la dérive de l'école, des feignasses qui sont bonnes qu'à boire des coups au bar PMU le plus proche. Le professeur n'est plus "celui qui enseigne" aux yeux de la société. Si vous voulez une définition tout à fait caustique et reflétant la pensée commune ====> c'est par ici : http://desencyclopedie.wikia.com/wiki/Professeur

Comment voulez-vous alors que l'élève soit un être tout mignon et respectueux ? CQFD.

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07 juillet 2012

Pause.

Bonjour les lecteurs peu nombreux,

Aujourd'hui je dois avouer une chose : je ne consulte presque plus mes statistiques, je regarde rarement mes commentaires (même s'ils sont sympas !), je n'ai pas l'énergie et le temps d'y répondre... bref : je mets mon blog en pause. Du moins cet été. 

Je me demande s'il reviendra à la rentrée, s'il aura une autre forme, une autre adresse, de tout autres sujets, quoiqu'il en soit celui-ci a fait son temps...

Merci à ceux et celles qui ont pris de leur temps pour le visiter, pour le commenter et le faire un petit peu vivre. Merci !

Mam'zelle reviendra... un jour !

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