Inspiration quand tu nous tiens. Livre un deuxième écrit, écrit à la va vite ni vu ni connu j't'embrouille. Ouais, j'adore publier.

 

(Si vous voulez suivre l'histoire, je vous laisse ce fond musical.)

 


 

L'oeil se pose, l'oeil défile, l'oeil ne voit pas ou ne veut pas voir ou ne voit plus.

 

Il peut se poser, furtivement sur le regard d'un ou d'une inconnu(e). Elle est à la terrasse d'un café, lit un livre. Les bruits extérieurs ne l'empêchent pas de se plonger, de ne plus ressortir de sa lecture. Une page, encore une et une gorgée. Elle relève la tête, voit un regard qui la happe. Qui la transporte et la désarçonne. Qui est cette personne ? Quelle est sa vie ? Pourquoi à ce moment bien précis a-t-il choisi de regarder dans cette direction et non une autre ? Elle se pose mille questions, et n'arrive plus à se faufiler à travers son histoire.

 

Longuement, sur un détail, une mèche de cheveux, sur un sourire. Vous êtes dans les bras de l'être aimé, celui ou celle que vous chérissez tant, votre moitié. Vous vous attardez sur des instants, des regards, emplis de tendresse, d'amour, et parfois même de haine, de ressentiment, de colère. Mais vous saisissez bien et appréciez sans pareille le sourire de votre amant au réveil.

 

Il peut se déposer telle une photographie sur un paysage, où hommes, animaux, végétaux ou constructions ne peuvent véritablement être compris et qui forment cependant un ensemble, une cohérence dans l'incohérence. Elle est dans le train. La journée fût chargée, elle ne peut s'empêcher de penser et repenser à ce qu'elle a accompli dans la journée et ce qu'elle a à faire dans la journée. Elle prend en main un calepin, note deux trois choses, puis referme tout dans son sac. Il reste une heure de trajet. Le contrôleur est déjà passé, venu voir si elle était en règle avec la compagnie ferrovière. Elle entend les enfants à côté qui se chamaillent et le nouveau né qui pleure. L'homme assis en face d'elle pianote sur son téléphone et prend même un appel, parlant de sa voix très forte. Bruit, bruit et encore bruit. Et le train file à toute allure. Elle se trouve en campagne, où ne se forment que des champs. Un amas de verdure, des tons verdâtres qui s'accumulent. Le train s'arrête en pleine voie, et elle se retrouve avec comme vue un champ, où les vaches mangent les prés. Il reprend de la vitesse, jusqu'à s'arrêter en gare, où enfin elle pose pied et sent l'odeur particulière aux gares. Elle voit l'affichage d'un train pour une destination lointaine, elle aimerait sauter en ce train. Mais on ne peut frauder si facilement.

 

Il ne voit pas, ou ne voit plus, aveuglé par le quotidien, l'habitude, les actions mécaniques ou bien tout ce qui, autour de nous nous empêchent de bien voir. Dès le réveil, elle ne voit presque plus. Cherche à tâton le chemin de son appartement, le chat qui se faufile entre ses jambes brouille encore davantage sa vision. C'est la lumière violente de sa salle de bains qui l'extirpera de son sommeil. Tout se doit d'être une vitesse. Elle file, défile et s'engouffre dans les files d'attente. N'avez-vous jamais pensé que nous passons nos vies dans l'attente, dans ces moments de suspens tandis que l'oeil, lui, vit à cent à l'heure ?

Le regard mouillé de larmes, le regard qui se veut promesse. Qui lui avait dit un jour que le regard était la fenêtre de l'âme ?

  

P.S. : Un jour, j'écrirai un truc difforme et plus consistant. Pour l'instant il n'y a que le bref qui m'intéresse. Et Mam'zelle va bientôt faire son come-back dans "BAM j'dénonce" avec: la fusion des universités ou pourquoi c'est trop mal.