Préambule : Si c'est pour mettre des commentaires désobligeants du type "Benjamin Biolay c'est de la merde" (ça va peut-être faire monter les stats) vous êtes priés de passer votre chemin, merci.

 


Bien avant qu'on se soit connu, je savais qu'il ne fallait rien attendre de qui que ce soit. Ton esprit virevolte en pensant que cet instant T de la rencontre sera le commencement, et non le "bien avant" de toutes choses.


Bien avant qu'on se soit parlé, je pensais que tu n'existais pas. Bien avant cela, je me disais que le double n'était qu'une utopie visant à faire en sorte que les gens vivent dans leurs petites bulles confortables et douillettes.


Bien avant que j'étais venu, je savais déjà que je t'en voudrais d'être toi, de tout saccager en ma tête, de tout chambouler et de tout foutre en l'air.

Bien avant qu'on se soit déçu, ou plutôt que tu veuilles me décevoir et fasse tout pour obtenir satisfaction, je ne pourrais faire marche arrière et accepter la déception.


Bien avant qu'on soit des déchets, que je me roule par terre, que je pleure les larmes contenues pendant toutes ces années, bien avant que tu sois un déchet à t'abaisser à toutes sortes de manipulations diverses et variées.


Bien avant ce goût de déjà vu, ce renouvellement, ce cercle vicieux, cette boucle infernale qui tourne, ou ce cube auquel tu te cognes inlassablement.


Je savais déjà qu'on y resterai, tous deux.

 

Que personne ne sortira d'ici, de cet endroit clos, de cette prison dorée créee de toutes pièces, cette bulle de nous deux, constituée de quelques mètres carrés.


Que personne ne retiendra la nuit, la nuit blanche, la nuit interminable, la nuit où les secondes filent, où les heures ne se distinguent plus pour filer vers la journée, le soleil qui laisse entrevoir ses quelques rayons au petit matin.


Qu'on ira pas tous au paradis, ce paradis qu'il aurait sans doute fallu retenir.


Bien avant l'heure de la cigüe, qui coule en ta gorge comme un breuvage doux, indolore, voire même réconfortant et anesthésiant.


Bien avant l'heure des heures indues, ces heures volées, interdites.


Bien avant qu'on s'aime, que tu m'aimes, que je t'aime, ensemble,


Tu ne m'aimais plus.

 

Bien avant qu'on se soit brisé, à coup de mots, plus tranchants que la lame.

 
Bien avant qu'on soit des vendus, qu'on soit des objets de consommation, des personnes interchangeables, des produits prêts à utilisation et surtout à usage unique.


Bien avant que je t'ai renié, de toutes mes forces, dès le début.


Je savais déjà qu'on était vaincu, que tout était vain.



Bien avant qu'on se soit cogné, à coup de phrases, plus douloureux qu'une cicatrice saignante.


Bien avant qu'on ait du vécu, ce même vécu que l'on pense nécessaire.

 
Bien avant que tu te fasses soigner dans les méandres de la nuit ou des années auparavant.


Je savais déjà qu'on était perdu, d'avance.



Bien avant qu'on se soit perdu, que je n'arrive plus à te retrouver, à force de chercher.


Oui bien avant qu'on ait rien gagné.


Bien avant les coups de massue que sont l'indifférence.


Je savais déjà tout ce que je sais



Bien avant qu'on soit des pendus.


Bien avant qu'on soit des regrets, les regrets pire que les remords, victimes de l'amertume.


Bien avant que tout soit fichu.


Je savais déjà, que tu t'en foutais, de tout.