Bonjour,

Il se trouve que des fois, je me tiens au courant de l'actualité. Quand je dis des fois c'est bien souvent parce que la majeure partie du temps je suis si effarée de la façon dont tourne le monde que je préfère ne pas savoir. Mais bon là il se trouve que faut quand même se tenir au courant.

Chers lecteurs et lectrices qui êtes quand même intellectuellement non déficients, vous avez très certainement entendu parler de cette histoire de la petite collègienne, Agnés de son prénom, qui a été violée, tuée et brûlée par un mec complétement dérangé et qui avait déjà un casier judiciaire et un petit palmarès dans le monde des violeurs. Rien que ça, très choupinou le gamin. Sauf que là où je me dis nan mais faut pas déconner non plus trente secondes, c'est que vraisemblablement PERSONNE mais quand je dis personne n'était au courant dans le bahut dans lequel était scolarisé ce psycopathe fou furieux qu'il n'était pas un choupinou choubidou élève qui ne faisait de mal à personne. Alors le gosse il se fait virer de X bahuts, il a été condamné pour du viol, mais même son proviseur n'est pas au courant ???!!! Comme le dit Norman : ouat iz ze fucke. C'est tout simplement impossible. Et ça a été le point de départ de réflexion dans le collège, avec des amis aussi

Comme vous le savez mes p'tits, Mam'zelle est prof en ZEP. En gros c'est l'école pour les cassos. Pour les mous du bulbe. Ceux qui ont un petit pois dans le cerveau... et des etc et etc j'en ai à la pelle. Aviez-vous remarqué le ton profondément ironique ? Je l'espère mes chous. Et là cette question qui ne m'était jamais venue à l'esprit :

"Et si un gamin t'agresse ?"

Il se trouve que dans mon cher bahut, dans quelques jours aura lieu un conseil de discipline. En clair, le conseil de discipline c'est le stade suprême de la sanction, et se conclut généralement par une exclusion pure et dure de l'établissement. Le gosse en question et qui est en 5ème (donc qui m'est inconnu) a menacé verbalement une collègue, a failli la frapper et a fait une crise d'hystérie généralisée. Et cette collègue a 30 ans de carrière derrière elle. Ce matin, je l'ai retrouvée le visage pâle, les traits creusés. Nous avons donc discuté de cet incident, et ceci lui a bousillé sa foi en l'élève et en l'école. Je comprends tout à fait à quel point ceci doit être un traumatisme profond.

Et pourtant, je n'ai pas peur et n'ai jamais eu peur. Mes gamins ne sont pas des violents. Des méchants. Ce ne sont juste que des petits cons. Mais il est vrai que personne ne peut m'assurer que ce petiot à qui je donne cours ne va pas sortir un couteau de son sac.

Pour autant, j'oscille entre deux sentiments contradictoires. Cette histoire de la collégienne qui a été tuée et bien pire ensuite, montre à la fois l'impuissance de la justice, encore plus celle de l'école. Mais l'école n'est pas la police, je l'ai déjà dit et le répète. Je suis partagée entre cette indignation monumentale vis à vis de ce laxisme total de la part de l'éduc trou duc d'avoir laissé un tel gamin dans la nature, de l'autre je me dis que l'éduc trou duc ne peut pas tout faire. Ne peut pas tout gérer.

Je développerai surement un jour où j'aurai davantage de temps. Mais là je vais retourner en salle des teachers...même si mignon collègue m'évite et a même effacé son nom de la liste des présents pour la beuverie de demain. Fais chier sa race. Ah, il veut jouer, on va jouer mon coco.