Mes choupichous,

Voilà pour vous une histoire de la vie de Mam'zelle. Attention à vos petits yeux chastes je vous prie. Ca risque de virer au chaud chaud. Comment faire une bande annonce géniale en deux leçons. Si je ponds cet article, c'est parce que le passe a refait surface.

Il y a de cela un petit peu moins d'une année, j'étais esseulée. Et puis j'étais notamment anéantie au point de dire que les mecs, c'est tous des connards. Comme quoi, on peut en dire des conneries. Qu'ai-je donc bien pu faire ? Me suis-je habillée de manière putassière pour faire la biatch on the dancefloor ? Très peu pour moi, je déteste ces atmosphères. Non, j'ai fait bien pire. Un soir d'ennui, j'ai pris mon ordinateur. Et j'ai tapé dans Google le nom d'un site de rencontres. En me persuadant que c'était pour passer le temps et combler l'ennui qui régnait en maître. Je me crée une fiche somme toute sobre, avec une photographie qui ne laisse suggérer de ma personne que quelques traits. Ce qui faisait que si quelqu'un me croisait dans la rue, il était impossible de reconnaîte mon minois. C'était ma règle d'or, non pas par honte de recourir à ce moyen, mais simplement parce que je ne souhaitais pas être reconnue. Autant dire que mes stats ne bougeaient pas franchement. Quelques mecs étaient intéressés, mais très peu. Jusqu'au troisième jour.

Je constate en arrivant sur le site qu'un jeune homme souhaite faire ma connaissance. Je checke son portrait, et me dit "Ouh pinaise, céti pas là un beau spécimen !" je laisse la bête approcher. Ce qui est bien, c'est qu'en consultant une fiche, tu sais si tu as affaire à kikoololilol ou à monsieur plutôt bien. Il avait l'air de faire partie de la deuxième catégorie.

Nous amorçons une discussion sur plusieurs jours. Teintée de bons mots, d'humour, bref, de quoi me faire plaisir et surtout d'avoir un correspondant de l'autre côté de l'écran. Tout s'arrêtait à là, lorsque j'en avais marre, j'éteignais l'ordinateur et basta. Mais au fil du temps, je me réjouissais de ses messages. Au bout d'une courte semaine, il me fait une proposition de rendez-vous.

RENDEZ-VOUS. Mais WTF ? No way, pas moyen. J'étais flippée de l'intérieur. Mais je ne saurais dire ce qui m'a fait répondre que oui, je souhaitais le rencontrer. La curiosité sans doute. Nous avions rendez-vous le lendemain en ville. C'était un dimanche soir. Je devais prendre le train pour me rendre en ville, et j'avais prévu le coup : si le monsieur me posait un lapin, j'avais un train de retour.

J'étais toute en joie, et toute fébrile de me préparer, de me faire toute belle. En clair, je ne pensais même pas une seule seconde quelques temps auparavant que tout allait être si rapide. Il devait m'attendre à la gare affublé d'une écharpe verte fluo histoire que je le reconnaisse, au cas où.

Je descends du train, et au loin, j'aperçois une écharpe verte. Dingue ! C'est avec hésitation que je m'avance, que je le salue. Mes premières phrases étaient maladroites, je bafouillais. Nous marchions dans la neige en quête d'un bar. Arrivés dans mon bar de prédilection, nous nous asseyons. Il se fait très bavard. Il parle, parle, et je dois dire que je suis relativement satisfaite de ne pas avoir à combler de vide. Je suis même plutôt contente. J'en apprends plus que je ne le savais déjà. Il avait quelques années de plus que moi. Etait déjà dans la vie active avec un très bon job de consultant financier à une centaine de kilomètres de chez moi. Il parlait anglais couramment. Passionné de musique, très "je croque la vie à pleines dents". La soirée se déroulait à merveille. Je devais repartir à 23h30 avec mon dernier train. Avant, il m'offre un petit restau. Comme quoi monsieur a du fric. Je ris, je m'aperçois que je l'aime bien le petit. Dernier verre en face de la gare, et hop je ne veux pas le quitter. A 23h20, devant le quai de la gare, un controleur annonce que le train est supprimé. WTF ? Comment je fais donc pour repartir at home ? Deux options : attendre dans le froid pendant une heure qu'un taxi de remplacement arrive, ou bien accepter la proposition du monsieur de me ramener. Il était si sincère que j'ai pris la deuxième option. Je savais qu'il n'allait pas abuser de la situation. Et en effet, il a pris la route, jusqu'à me ramener à la maison. Et de me faire une bise. Je rentre chez moi le sourire aux lèvres, l'envie de le revoir, et tout le tralala. Les petits coeurs dans les yeux je vous dis. Mais je me disais qu'une fille comme moi n'allait très certainement pas intéresser un mec comme lui. Jusqu'à ce que mon téléphone affiche un SMS, où le monsieur me disait "J'ai passé une très bonne soirée en ta compagnie, j'espère qu'on se verra très prochainement." Yippi you, je réponds de manière détachée mais somme toute excitée que oui, c'était chouette.

Les jours qui ont suivi, nous nous sommes contactés par le biais de l'internet. Nous planifions déjà notre futur rendez-vous. Il voulait me montrer la ville dans laquelle il vivait. Je me dis "Mais tu es folle ma pauvre, tu ne vas quand même pas suivre un mec que tu ne connais presque pas !" et qu'ai-je fait ? J'ai accepté.

Quatre jours après notre premier rendez-vous, il se pointe devant chez moi, après une centaine de kilomètres, pour venir me chercher. J'avais le choix total de la soirée. Soit il m'invitait au restau, soit il me faisait à manger mais d'une manière ou d'une autre, on irait faire une balade en ville par la suite et il me ramenerait telle Cendrillon avant minuit. Mais j'avais d'autres projets inconscients...

Premièrement, j'accepte de me faire inviter chez lui. Nous arrivons donc dans son appartement, et il s'affaire à me préparer un petit repas de ses mains, très bon d'ailleurs. Je n'avais accepté qu'à une seule condition : lui faire la vaisselle. Après coup, je me dis que c'était de l'incitation au porno ça ! Après le repas, comme promis, je nettoye consciencieusement sa vaisselle. Et avant de nous mettre en route pour la ville, nous nous chamaillons avec les torchons façon "Jeux de mains, jeux de vilains."

C'est à ce moment qu'il a décidé de me rouler une galoche d'enfer. J'étais super contente, tu m'étonnes. En plus que j'avais réussi à lui faire porter une chemise passke je kiffe les mecs en chemise. Et par la suite, au lieu de lui demander d'enlever ses vêtements, je lui ai demandé de mettre son costard histoire de le voir beau. Oui, je suis comme ça. Et moi qui devait rentrer à minuit... Le lendemain je n'avais qu'un seul impératif : retourner dans ma ville pour revoir un ami de longue date parti en Angleterre et à qui j'avais promis un verre. La nuit fût quelque peu trouble... Le monsieur avait envie, et moi j'ai respecté ma règle de "Je ne couche pas le premier soir". Et pis je ne pouvais pas alors c'était réglé. Nous avons donc passé la nuit entière à nous bouffer les lèvres joyeusement. Au petit matin, alors qu'il se leva faire des cafés, je me suis assoupie. Le faisant rire parce que quand je dors, je fais des petits bruits. Le réveil était brutal. Mal de ventre pas possible. Il se fait prévenant, doux et attentionné. Il m'amène à mon rendez-vous et nous prévoyons de nous revoir en fin de semaine, cette fois-ci chez moi.

Entre cette soirée et celle de la fin de semaine, c'était SMS à gogo et messages internet saupoudrés de ":)". Un petit nuage vous dis-je. Et puis le fameux dimanche arriva. Je lui avais promis un repas de dingue. J'avais tout préparé comme une chef. Je le revois encore franchir le pas de ma porte, une bouteille de vin grand cru (monsieur a les moyens) à la main. Il pose sa bouteille, m'encercle de ses bras et nous profitons de nous revoir. Nous avions en tête de nous diriger par la suite au cinéma. Je n'ai jamais vu la couleur des sièges du cinéma. La couleur de mon lit par contre... Oui, je suis vilaine, je me suis donnée aussi rapidement.

Et puis nous nous sommes revus. Et puis je me suis rendue compte qu'il n'était pas le bon. Et puis lui avait d'autres choses en tête. Et puis, et puis. Et puis nous avons été très réglos sur une chose : nous quitter sobrement mais sincérement et avec tact et dignité.

Pourquoi cela n'a pas fonctionné ? Non pas parce que c'était un mec d'internet. Mais plutôt parce qu'il était concentré et obnibulé par sa carrière, son argent. Et que moi, je ne fonctionne pas comme cela. Nous étions à des stades dans nos vies totalement différents.

Pourquoi j'en reparle ? Passke je viens d'apprendre qu'il vit désormais à Paris, que son travail compte toujours autant pour lui. Mais qu'il n'oublie pas qui je suis, qui j'ai été pour lui. Que c'était chouette. Mais qu'il ne peut pas s'engager dans une relation. Qu'il a un chien aussi. Vaut mieux pour lui une telle compagnie pour le moment. Moi, j'ai refait ma vie, mais cette histoire restera jolie quoi qu'il arrive.