MAJ à J - 3.

J - 10 : Ma tutrice qui est trop choupinette vient me voir. Pour parler de Misteur Recteur et de la séance qu'on doit proposer mais également pour m'observer en cours. Bon, je ne balise pas, passke je maîtrise quand même bien ma classe de 3èmes, et que je pensais qu'une fois cette journée passée, je n'allais plus avoir de soucis jusqu'au jour J. Grave erreur. La journée se passe merveilleusement bien, à quelques détails près. L'observation se déroule très bien, couverte de louanges. Sauf que. Une fois l'heure passée, nous sommes allées voir mon supérieur. Je lui trouve un petit surnom. Le Tigre. Je me comprends. Il me file tout d'abord le programme détaillé venant du rectorat ainsi que la liste des invités VIP. J'hallucine sec. 32 personnes. Trente-deux. Je commence à réprimer des larmes intérieures. Mais bon, je me calme.

J - 8 : Le wikend se passe bien. Je sors, je m'aère l'esprit. Ca gère la fougère. Le dimanche donc, je commence à voir le marasme abyssal dans lequel je me suis plongée. 5 appels. 10 mails. 30 minutes de communication avec ma tutrice. Celle que je nomme la Macaroni, la grande cheftaine des profs d'allemand sur la région harcèle ma tutrice pendant tout le wikend. Donc ma tutrice m'appelle, affolée. Je réponds, et je tombe des nues. Pour vous faire le topo : je dois présenter une séance de 30 minutes devant Misteur Recteur. On avait prévu un truc trop funky, et la Macaroni a tout détruit point par point. NON. Il faut que tout soit parfait, et donc que nous fassions une "représentation" devant Misteur Recteur et non une séance. Il n'y a aucune place à l'improvisation, tout doit être chronométré, et on doit même envoyer le détail à la minute près (!!!!) de la séance. Le thème de notre idée de départ est bonne, mais tout est à changer. Il faut qu'après la compréhension orale, nous mettions en place une sorte de micro-trottoir en désignant une élève au hasard (mais désignée à l'avance, of course...) qui interviewera ses camarades l'un après l'autre. Que si possible, nous amenions une micro ou des accessoires. Je commence à me pendre avec mon écharpe (à plumes). Alors oui, je savais que tout allait être mis en scène, mais à ce point là, non. Je ne vois absolument pas l'intérêt de montrer quelque chose de factice à Misteur Recteur. C'est tout simplement une mascarade et une fumisterie sans nom. M'enfin... Si c'est ce qu'ils veulent. Mais je me rends compte d'une évidence : Macaroni n'est ABSOLUMENT pas consciente du niveau des collégiens à l'heure d'aujourd'hui. Ah passke bien sur, tout ceci est justifié de manière pédagogique. Il faut montrer que l'enseignement de l'allemand aujourd'hui ce n'est plus apprendre les tableaux de déclinaisons et la grammaire. Mais oui, biensûr, je passe mes séances à faire écouter du Tokio Hotel à mes élèves, on mange des gateaux et on fait des jeux de rôles avec des accessoires. Faudrait que je fasse une séance à mes élèves avec comme intitulé "L'Allemagne ou la première industrie européenne du porno" avec comme accessoires mes godes-michets personnels et du gel lubrifiant. Oui oui, c'est pédagogique et ça allie cours d'allemand et éducation sexuelle. Je vais me coucher, et j'ai rendez-vous avec ma tutrice le lendemain.

J-7 : J'arrive au collège, à 7h45. Je croise mon collègue mignon, et il me dit un vague "Salut" avant de se barrer fissa. Je me dis qu'il y a quelque chose qui cloche, mais je n'y fais pas plus attention. Je donne cours à mes 4èmes, et à 9h, tout commence. 9h14, SMS de ma tutrice : "J'ai encore eu un mail de la chef... je t'en parle tout à l'heure.". 9h18, je cours chez le Tigre. En lui disant qu'il serait peut-être temps de venir parler aux 3èmes de ce qui va leur tomber sur le coin du nez. Récrée de 10h. J'ai cru pleurer. Je vais voir l'un des collègues qui en tant que doyen des profs est sur la liste des invités. Quand je lui dis ça, il commence à hurler : JE VIENS PAS !!!! Je déchante. Il me dit : "Nan mais Mam'zelle, en plus Le Tigre a dit en conseil pédagogique que tu as insisté pour que Misteur Recteur vienne, et que t'as fait des pieds et des mains pour que ce soit toi la star." Tous les profs commencent à mettre leur grain de sel. Collègue mignon me dit : "Ah oui, c'est ce qu'il a dit !" je me défends : "Nan mais z'êtes fous ! Je suis contrainte de l'accueillir et soit disant j'aurais insisté ! Mais Le Tigre a fumé de la ganga ou quoi ???!!!" bon, je sors de la salle franchement énervée. 10h : début du cours avec mes 3èmes. Le Tigre arrive dans ma salle. Il commence à beugler, et à dire à mes choupinets que voilà, y'a Misteur Recteur qui vient. Il pense, naïvement, que tous ses élèves savent qui est Misteur Recteur. Mais comme je l'avais imaginé, aucun ne sait ce qu'est un Misteur Recteur. Alors il se lance dans un schéma du tonnerre.

Sarkoprout

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Ministre de L'Educ Trou Duc

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Misteur Recteur

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Le Tigre

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Mam'zelle : votre prof trop bonnasse

Donc il insiste sur le fait que Misteur Recteur c'est kekun d'important, et qu'ils n'ont pas l'intention de faire les cons, sinon il les trucide à coup de kalachnikov. Il dit que la téloche sera là. Mes petits commencent à flipper. Le Tigre se casse. Mes élèves m'harcèlent de questions. Je les rassure. Que je leur donnerai tout ce qu'il faudra faire. Et une élève me pose une question judicieuse : "Mais quel rôle devra t-on jouer ?" Eh oui, tu as tout compris ma belle, il s'agit bien de rôle. "Vous allez jouer le rôle d'élèves." "Et vous ?" "Moi ? Celui de la prof." Ils commencent à se faire des plans sur la comète : waaaa m'dame va y avoir TF1 ? Mais oui, et même que Jean Pierre Pernault va venir vous interviewer. Arrêtez de rêver.

A la fin de l'heure, je vais voir Le Tigre. Et il commence par me dire : "NAN mais PAS POSSIBLE. Unmöglich ! (Le Tigre sait l'allemand) Vous ne pouvez pas faire votre cours devant Misteur Recteur dans votre salle. C'est la pire des salles ! Les décorations sont dégueus, et les tables ! Vous avez vu les tables !" Non, je suis aveugle, et ça fait genre deux mois que je suis dans cette salle et je ne me suis pas rendue compte que : les tables manquent de s'écrouler / qu'il n'y a pas un stylo qui fonctionne correctement / que les rideaux tombent en lambeaux. A croire que c'était la première fois qu'il mettait les pieds dans cette salle. Alors son idée : utiliser la salle d'anglais, et que je la redécore pendant la semaine avec des posters trop chouettes. Oui biensûr, alors déjà que les élèves auront cette heure de cours l'après-midi alors qu'ils sont censés avoir cours le matin, tout va être factice mais encore en plus nous allons être dans une salle qui n'est pas la salle habituelle. Cherry on the cake ! Kirsche auf dem Kuchen ! De plus, mais quand est-ce que je trouve le temps de me casser le cul à décorer une salle entière toute seule ? Oui, je vais passer mon wikend toute seule dans le bahut à coller des gommettes au mur. Et pendant qu'on y est, je vais repeindre les murs. Je me casse, et j'ai envie de détruire tout sur mon passage.

L'aprem, ma tutrice arrive. Dépitée, comme moi. Mes collègues syndicalistes arrivent : ils font faire la teuf à Misteur Recteur, je m'en doutais. Avec tutrice chérie, nous mettons au point ma séance : c'est TROP choupichou ! Elle me ramène à la maison, j'ouvre les mails de manière fébrile : la responsable de la formation VEUT me voir. J'ai pas le temps, mon esprit glisse ailleurs. Pas le choix, faut y'aller ! Faf, tu déchires.

J - 6 : Cours normaux. Mais je vais quand même voir Le Tigre. Je ne VEUX pas changer de salle : il reste borné. Qui va devoir redécorer ? Ma pomme ! En rentrant, c'est un collègue trop méga chouette qui me ramène. Et en partant, on croise... le collègue mignon. Depuis hier, je l'ignore. Il m'a déçu. Et putain, mon collègue trop méga chouette, il est d'accord avec moi : c'est de la merde en barre cette histoire. J'essaye tant bien que mal de me justifier auprès de collègue mignon. Et l'autre collègue me défend (M. JE T'AIME !!!!! Ich liebe dich) mais collègue mignon est mi-figue, mi-raisin.

A suivre... A suivre les photos prises par mes soins de ma salle. Et peut-être si vous êtes gentils et avec des commentaires trop élogieux envers moi, je mettrais des photos de ma salle avec moi nue. Vous y avez cru ? Allez, je veux bien vous montrer quelques traits de mon minois si vous me faites des déclarations d'amour. A vos plumes... vos claviers ! J'attends ! (Oui, il faut me consoler.)

J - 5 : Aujourd'hui, je suis totalement libre. Ca me permet de faire des trucs trop chouettes comme : donner des cours particuliers (et finalement annuler passke bon... pas envie... et que l'père m'a pété une pile genre c'est la 2è fois que j'peux pas venir et il me fait un cirque à la con... mais bon... j'envoie chier les cons maintenant) / ranger la maison / nourrir le chat à l'agonie / aller voir mon tout nouveau banquier. Et je le clame HAUT ET FORT. Je suis amoureuse. Nan mais ce mec quoi, c'te bombe ! Il a deux ans de plus que Mam'zelle, il est sexy, et en plus... il m'a félicité. (Alors que je pensais qu'il allait me démonter la gaufrette) j'ai plein de thunes sur mon compte, alors il m'a offert une toute nouvelle CB avec un découvert autorisé. Je suis trop amoureuse. Petits coeurs dans les yeux !

J - 4 : LES PHOTOS !!! Vous les attendiez avec impatience... Est-ce que Mam'zelle va montrer le bout de... son nez ? Réponse... Avant cela, je dois quand même dire merci au surveillant trop mignon qui m'a échappé des griffes du Tigre pour me proposer un café et de la nicotine. Love you. Véri muche.

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Céti pas mignon ? Le papier décollé, les tables qui datent de Matusalem...

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Vous notez tout de même qu'il y a un pécé high technology. Ouh yeah ! Et kesske je fais sur ce pécé...

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Je vais sur Canalblog ! Ces fonctionnaires j'vous jure...

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Et en plus suis bordélique...

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Mon outil de travail... avec avec avec... les doigts fins et délicats... ;) so sex !

 

Comment je me pisse dessus ! Mais je suis en joie totale ! L'université la jolie qui téléphone, en disant "Mam'zelle, vous avez les épaules, la carrure, l'entrain, la bonne humeur, le charisme pour faire en sorte que tout se passe au mieux." haaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaan ! Je vais juste aller redescendre de mon nuage en guimauve, je reviens. MAJ à J - 3 ! On tient le bon bout !

 

J – 3, on voit le bon bout ! Quoique Mam'zelle ne voit plus trop grand chose... C'est vendredi, c'est la fin de la semaine, et faut pas faire chier quand même, faut pas trop en demander le vendredi. En rejoignant mon lieu de travail me suis faite une réflexion : C'est moi ou les gens dans la rue et les transports en commun sont tous relativement moches ? Nan passke voilà, soit c'est caractéristique du lieu où je me situe, soit c'est généralisé : les gens sont moches. Bref passons. Passons également le type crado qui a reluqué Mam'zelle pendant les 30 minutes du trajet avec un regard pervers à souhait. Youpi.

En arrivant donc sur mon lieu de travail, c'était pour la réunion syndicaliste. Autant le dire de suite : moi qui pensait voir le collègue mignon, rapé dans ma gueule, il n'était pas présent. Toute façon, il faisait trop froid pour enlever mes fringues et me mettre à pwal, c'est tant mieux.

Pendant une heure, il fut question de Mam'zelle. Avec des sondages très importants comme : "Peut-on réellement avoir des conditions de travail décentes avec une collègue aussi sexy ?" / "Si vous êtes pour ou contre le fait qu'elle mette des vêtements encore plus courts." C'était très éprouvant. Non non. Nous avons discuté du joli papier que les syndicalistes vont coller sous le pif de Misteur Recteur. Ils ont tous été adorabeul avec Mam'zelle, lui léchant les pieds, lui faisant des courbettes. Quand ils ont appris le montant de mon salaire mensuel (secret que je ne pensais garder qu'avec mon banquier...) ils se sont tous étranglés, m'ont regardé avec des yeux de poisson-lune et ont déchanté (tout l'été). Ah bah oui mes p'tits pères, c'est la réalité, une étudiante contractuelle est payée limite moins que si je faisais une nuit de tapin. J'ai également pris la parole pour énoncer le fait que le Tigre ne veut pas que je garde ma salle. Ils m'ont proposé d'aller lui péter sa gueule, mais j'ai refusé. Le collègue trop gentil patron chef des syndicalistes est quand même allé lui foutre un poing dans sa gueule. Et vous devinez quoi ? Le Tigre a dit, je cite : "Oula, mais vous avez un train de retard Môssieur syndicaliste, j'ai décidé de garder la salle depuis bien trois jours." ah bon ? Première nouvelle ! Tu m'avais quand même dit que j'allais faire atelier affichage deux jours avant, pauv' naze. Comme quoi une petite étudiante n'a pas son mot à dire, mais dès qu'un chef syndicaliste parle, on l'écoute. C'est bien joli toussa ! Allez, j'men fiche, il accepte la salle, je suis toute de joie vêtue. A la fin de la réunion, tutrice choupinette arrive, nous réglons les derniers détails. Et là...

Je décide d'ouvrir mon casier personnel, et là je vois une petite enveloppe avec mon doux nom écrit. Avec un stylo pailleté. Je m'écrie : "Waaaaaaaah j'ai un amoureux !!!" bah voui, il s'agissait à l'intérieur d'une jolie carte... la voici :

 

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 Trop miiiiiiiiiiiiiignon !

Sauf qu'en l'ouvrant, déception totale : non, pas de mots d'amour, pas de déclarations enflammées. Simplement une invitation à un goûter organisé par les élèves. Vous comprenez pourquoi je veux tant des preuves d'amour ? Moi qui sur le lieu de travail n'a que des invitations à des goûters. Chienne de vie !

Mais le temps passe vite, et la récré a sonné. Et putain sa race, suis même pas allée en griller une. Oh mais fuck hein, j'décide d'aller dans la cachette, et hop ni vu ni connu j't'embrouille... 

Mes gentils élèves ont tous été top du tonnerre. Sauf un, à qui j'ai claqué une colère du diable. Et quand j'en pique une, faut pas broncher. Surtout qu'eux, au contraire de l'aut' classe, ils ne sont pas habitués à m'entendre hurler. Quand un des mioches est incapable de me répéter une phrase que j'avais dit TROIS fois, je me mets à m'énerver. Et lui dit que s'il continue à ne pas écouter, il prend la porte et direct. Je me suis aussi bien fendue la poire quand Corentin* (* nom changé) s'est exclamé : "Hanlalala, j'écris mal, on dirait l'écriture de Stanley*" (* nom changé mais tout aussi ridicule) à Mam'zelle de répondre : "Ouh la vache ! Tu crois que tu vas réussir à te relire si tu écris aussi mal que Stanley ?" hilarité générale.

En sortant de cours, je vais quand même voir le Tigre. Histoire de pas faire la salope qui fait tout dans le dos. Histoire quand même de lui dire bonjour. Et han la la, qu'est-ce qu'il a été miel et sucre. M'a même montré les orchidées qu'il a mises dans le hall d'entrée „Vous voyez, on fait ça bien hein !“ avant qu'il m'allume... une cigarette. "Ne stressez pas, pensez à autre chose ce wikend !" mais oui, biensûr.

Et pis j'ai aussi tout mon attirail de bombasse fringues et chaussures merveilleuses que j'ai claqué le PIB du Bangladesh dedans. Vous voulez les photos ? Avec le galbe dessiné de mes vertigineuses jambes dedans les chaussures belles comme le soleil couchant ?

Allez, à dans J – 2, quand j'aurais été faire un brushing et une épilation laser. L'épilation laser, c'était du fake, mais même pas pour le brushing. Je pense envoyer la facture à Misteur Recteur.

 J - 2 :

Môssieur Recteur,

Voilà, je viens vers vous pour vous envoyer la facture de tout ce que je me suis payée sur vot' dos. Passke oui, je tiens à me faire un tantinet potable pour vous, même si j'ai vu votre photo sur Google Images et qu'en comparaison, y'a pas à dire, je préfererais que le Recteur, ce soit mon banquier pour lui faire des bisous tout doux (et des gâteries). Mais bon... apparament z'êtes quelqu'un d'important, alors je tiens quand même à ne pas apparaître à vous telle une sombre tâche qui sort d'un lendemain de cuite. Ainsi, pour vous, j'ai parcouru les magasins. Et sachez que ce fût une épreuve sans nom. Rien que pour ça, vous devriez me donner l'agrégation. J'en suis sortie avec les plus belles chaussures que je n'ai jamais possédé de toute ma vie. Mais c'est pour vous hein, pas pour mes lecteurs du blog, ni même pour le crado qui a une haleine cendrier moisi dans le bus, et pire encore, même pas pour le banquier. Passke pour le banquier, je me mettrai nue. Mais vous, vous kiffez la bienséance, donc malheureusement je ne vais pas sortir mes portes-jarretelles. C'est con, hein ?! Fallait pas être au pouvoir, et toc ! Donc, je me suis également fait ratatiner la gueule chez le coupe tifs. Un vrai calvaire ! Et encore j'ai dû faire saigner ma nouvelle C.B. donnée par mon banquier canon. Horreur ! Deux heures chez les fous, où on parle de sérum bienfaisants, de pointes déssechées, de lisseurs et autres pigma pour les colorations défraichies. Et comble de l'abominable, le fauteuil massant pendant le lavage des cheveux. A croire que y'a pas que les cheveux qu'ont été mouillés... Non, je ne suis pas détendue, non je ne suis pas relaxée. Donc je vous mets en pièce jointe le total des factures, et si vous osez dire dans deux petites journées que ce que j'ai fait c'est de la merde en boîte, je n'aurais qu'à me pendre.

Bien cordialement, des kissoux,

Mam'zelle.

Mes choupinets,

Vous revez de voir Mam'zelle ? Elle se dévoile... à vous, eh oui !

 

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Le PIB du Bangladesh devant vous !

 

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Canon n'est-ce pas ?!

 

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Mam'zelle : blog mode.

 

 

 

 

Si vous comprenez....

 

 

J – 1 :

 

Comme Mam'zelle l'avait imaginé... elle est malade. Mais comme un sale clebard. Impossible de bouger, le moindre effort fait mal. La famille de Mam'zelle s'inquiète. Que voulez-vous … le stress n'est décidement pas le bienvenu … Le pire dans toussa, c'est que Mam'z ne stresse même pas. On a beau de parler de 'carrière qui est en jeu' et autres couneries, faut pas non plus pousser Mémé dans le verre pilé. Non. Je suis tout simplement fatiguée à l'avance de devoir jouer la comédie. Alors que le seul souhait, c'est bien évidemment de dénoncer et de dire que cette formation, elle pue et grave. J'ai la liste des questions qu'on va poser à Mam'z, mais bon … Cette flemme de la retrouver me fait la retrouver de mémoire.

 

Quelle est la place de l'Université dans vot' formation ?

 

> Hm. Alors tout est merveilleux, l'apport de l'Université permet à la fois un suivi personnalisé, un accompagnement, plus que la simple théorie, on nous y donne les bases fondamentales pour être bien armée contre la réalité. De plus, la didactique, oh mais que j'adôre ça ! Les schémas interminables sur 'Comment que c'est qu'un élève“ sont si pertinents et formateurs …

 

>> Heu. Bah écoutez, c'est très simple : la littérature des Lumières jusqu'à 1918 ne m'aide pas beaucoup quand je dois gérer Dylan qui traite tout le monde de sale pute, enculé sa race, fais chier, et la prof d'allemand me soule, c'te grosse pouffiasse. Connaître sur le bout des doigts les dates de la Guerre Froide est d'un intérêt nul lorsque je dois préparer un cours sur 'Les animaux de la ferme' (et surtout dire 'la ferme' à Youssef quand il me demande d'un oeil lubrique c'est comment que Madame on dit cochonne, c'est bien simple mon petit, cochonne est mon deuxième surnom). Savoir repérer que l'analyse diachronique de la langue montre que le Mittelhochdeutsch ressemble beaucoup à l'anglais, que l'on me parle d'analyse pragmatique est d'un très grand secours lorsque je passe 5mn à chaque début de cours pour avoir le silence. Un suivi ? Humhum. Oui, une fois par mois, où nous sommes bombardés de documents sur un élève, c'est un petit être fragile. C'est bien simple : la place de l'Uni, elle est proche et même très proche du zéro lorsque l'on veut aborder une classe.

 

Avez-vous l'intention de passer le concours ?

 

> Oh mais biensûr, je ne rêve et ne vis qu'à cette idée : noircir les pages de feuilles destinées à prouver que j'suis quand même apte à devenir prof.

 

>> Et si je dis non, on me fait quoi ? On me fait le supplice de la roue ? Et si je dis que de toute manière, ça sert à rien de le passer le concours, vu que le CAPES est destiné à mourir à petits feux. Que cette initiative d'alternance, ce n'est qu'un cache misère pour voir la réalité : un titulaire, ça coûte de l'argent. Un contractuel, c'est de l'esclavagisme et total bénéf' pour l'Educ Trou Duc. Alors quand je me rappelle la vidéo sur les syndicats, c'est tous des enculos, je me permets juste de m'étrangler. Il est clair que si je souhaite être contractuelle à vie, je peux le faire. Il y a même certains collègues qui le sont. Mais être contractuel, dans l'éduc', c'est combler les trous. 4,5 titulaires ont été éjectés de mon bahut en quatre ans. Bien entendu remplacés par des contractuels.

 

Une question qui n'est pas dedans le programme, mais que j'aurais tout de même trouvé judicieux de l'intégrer : Pourquoi z'avez fait ça ?

 

> Oh mais passke j'ai toujours voulu jouer à la prof, depuis toute petite je m'amusais à faire la dictée à mes poupées et si elles avaient faux, je leur arrachais les cheveux, un par un.

 

>> Pour plusieurs raisons. La première, c'est une réalité : ce n'est pas par amour et eau fraiche, c'est aussi et surtout pour gagner un peu de fric. Au lieu de vendre des frites chez Mac Do, ou bien faire la pute, je me prostitue à l'éducation nationale. Passk'aujourd'hui, un étudiant ne peut pas uniquement vivre de ses bourses (à moins d'être Giovanni, un cousin éloigné de Rocco Siffredi (instant nostalgique :')). L'échelon le plus haut dans les bourses sur critères sociaux, c'est 460 € par mois. Pensez-vous qu'on peut vivre avec cela quand on est indépendant et que Papa Maman ne sont pas là pour assurer derrière ? Là, je ne parle pas que de Mam'zelle, mais de beaucoup d'étudiants qui se trouvent dans une situation précaire. Passke pour avoir fréquenté les haut lieux des assistantes sociales universitaires, je peux vous dire que ça défile. Et ce n'est pas que ces sales arabes (manque de s'étrangler) qui volent le pain de la bouche des autres bons français. Quand je pense qu'au FN, ils veulent faire en sorte que la bourse sur critères sociaux soit remplacée par une bourse au mérite. Oui, et quand l'étudiant(e) qui certes est plein(e) de bonne volonté ne peut pas aller étudier manque de moyens, bah il l'a dans le cul lulu pour toucher la bourse. Alors oui, je suis bien consciente qu'on ne peut pas donner à tous les étudiants le maximum de bourses. Je ne demande pas de vivre au seul crochet des bourses. Seulement, je parle là de certains camarades qui vendent des frites, ou bien font des jobs moisis qui n'ont aucun rapport avec leurs études, toussa pour bouffer à la fin du mois autre chose que des pâtes au beurre. Alors oui, c'est une chance d'avoir trouvé un petit job sympathique et gratifiant (je m'étrangle) que celui de prof.

 

Deuxième raison : susciter une potentielle vocation. Passke c'est peut-être l'un des seuls points positifs de ce système. Désormais, je sais ce que peut représenter la vie de prof, et encore, je pense y être à des années lumières sachant que je ne fais que le tiers de ce que mes collègues titulaires font au niveau plage horaire. C'est un bon moyen pour 'voir'. Et dire non si ça ne correspond pas. Si j'ai suscité si j'ai susc… une vocation ? Je ne sais toujours pas. Pourquoi ? Passke je n'ai qu'un son de cloche. Celui de ce qui se passe dans mon chez moi, dans une situation bien particulière qui plus est. Ce n'est que très récemment que je me suis rendue compte qu'un prof, il pouvait tout aussi bien avoir autre chose comme classes que des monstres qui ne pensent qu'à devenir acteurs pornos ou bien geeks à plein temps. Passke ça existe, les classes gentilles, où le calme et la bonne humeur règnent. Passke même si Mam'zelle a une classe choupinette, c'est qu'elle est choupinette EN COMPARAISON avec l'autre qui est immonde. Et que lorsque j'ai observé ailleurs, j'ai vu que ma classe choupinette, bah en réalité elle est juste 'normale'. Passke je n'aurais, si je continue dans cette voie là, pas seulement des classes de 20 rejetons. Passke je n'aurais certainement pas que des mioches entre 12 et 14 ans. Passke je risque tout aussi bien d'être projetée dans un lycée avec des Terminales, et là, c'est un tout autre travail. Une toute autre préparation. Un tout autre public. Mam'zelle a eu un petit choix à faire lorsqu'elle a été mutée. Le choix entre un collège, et un lycée. Le choix fut très rapidement fait. Une étudiante, et jeune de surcroit, qui fait jeune, (et encore) face à des élèves qui ont quoi … 5 ans de moins ? Ca aurait conduit à ce que j'ai pu constater dans les autres qui font la même chose = zéro crédibilité. Mam'zelle se sent déjà bien jeune pour être dans ce job. Elle a bien de la chance, souvent on lui donne 6-7 ans de plus que son vrai âge, mais il est vrai que j'ai déjà été confrontée à une mère d'élève qui s'étonnait d'avoir en face d'elle une 'si jeune prof'. Vous me direz … quand on débute, on peut très bien avoir eu son concours à 22 ans, et commencer à 23. Mais j'ai souvenir de profs débutantes il y a quelques années, qui n'avaient pas ce si jeune âge. Et mine de rien, c'est très complexant. Il ne manquerait plus que l'étudiant(e) fasse très ado, et il se fait bouffailler par les élèves. Quand je pense aussi que pour combler les trous, pour les colmater et les boucher, on demande à des étudiants du même jeune âge d'assurer des cours à d'autres étudiants du même âge voire plus. Je ne dis rien, beaucoup donnent des cours particuliers à des adultes, mais c'est encore une autre chose. Oui, bon, je reviens sur cette histoire de 'vocation' et de 'voir'. Pour que cette formation ait une vraie destinée pédagogique, formatrice comme son nom l'indique, il faudrait que durant cette année, l'étudiant soit amené à gérer au moins deux cas très différents. Une ZEP et un établissement de petits bourgeois péteux. Un collège et un lycée. Bref, que l'on ne remplace pas les stages qui jadis faisaient la formation d'un futur enseignant par ceci. A titre d'exemple, les stages ont presque désormais disparus lorsqu'un étudiant se destine à devenir prof. Attention, prof et instituteur(trice) c'est totalement différent. Un futur instituteur(trice) est formé à l'IUFM avec un bagage pluridisciplinaire, un futur prof est à l'université. Jadis, les deux se trouvaient à l'IUFM. L'IUFM maintenant est troqué contre un master dit 'enseignement'. Et pour connaître bon nombre de personnes qui, dans des matières totalement différentes, suivent ce cursus, je constate une seule chose : ils ne sont pas formés. Les stages se meurent à petits feux. Quand un super ami de Mam'zelle lui a annoncé qu'il allait faire un stage là où Mam'zelle a fait sa classe prépa (aka. Le bagne, donc) la question qui fut posée fut : 'Ah chouette ! Et combien de temps ? Tu vas gérer quelles classes ?' réponse : 'Ouhhh minute papillon ! J'y reste deux jours, et je ne vais faire que de l'observation !' ah bon ? Dans ta face, Mam'zelle. Aujourd'hui donc, on ne fait que des stages pour voir comment les autres ils font et soi-même on ne pratique pas ? Certes, par la suite, il se trouve qu'il y a un autre stage, plus conséquent, mais là encore, il ne s'agit pas d'autonomie à 100 %. Alors c'est à double tranchant : soit on ne prend pas du tout conscience de la réalité en ne faisant qu'observer, soit on est jetés dans la fosse aux lions comme ça ni vu ni comment j't'embrouille tranquillou bilou. A croire qu'ils ne connaissent pas la demie-mesure …

 

Tous les collègues de Mam'zelle (enfin … à l'exception d'un ou deux) sont de la vieille école de la formation des profs. Et eux, ils ont été formés à devenir prof. Passk'on ne naît pas prof, on le devient. C'est un peu comme si un jour je me dis 'J'ai toujours su dans mon for intérieur que je voulais être boulangère patissière' alors que je ne sais même pas faire un gateau au chocolat avec les sachets tout prêts, bah si je veux me donner les moyens de réussir, il faut passer par la case départ : apprendre un métier. Comme s'il n'y avait que les métiers dits manuels qui nécessitent une formation. Et un fonctionnaire, attendez tout de même, un fonctionnaire aussi il doit apprendre son métier ! C'est pas juste quelqu'un qui passe un concours au hasard en ayant pointé du doigt à l'aveuglette dans une liste et qui aurait dit : 'J'ai trouvé, je serai … ta ta ta tam … inspecteur des impôts !' ou bien 'Faisons tourner la roue de la fortune … enfin la roue du métier … je serai … je serai … je serai … employé de mairie !' Je suis toujours relativement suspicieuse lorsque j'entends : 'Ah mais je sais depuis toujours que je veux être prof !' … humhum oui, biensûr … d'autres aussi l'ont dit et se rendent compte qu'ils ne sont pas faits pour cela.

 

Une autre question émanant du programme qui m'a fait titiller ?

 

Quels ont été vos premiers contacts avec l'équipe pédagogique ainsi qu'avec les élèves ?

 

> Ah mais super ! Les élèves m'ont accueilli avec des banderoles 'Willkommen' avec plein de coeurs en paillettes dessus. Ils m'ont tous fait des bisous. L'équipe pédagogique : préparée sereinement à mon arrivée.

 

>> Ah mais super ! L'équipe pédagogique qui est mise au courant la veille (je dis bien la veille) que y'a une pôv' fille qui va prendre la place vacante, elle n'a pas le temps de mettre en place un accueil. Et pourtant, j'ai été accueillie comme une reine. Malgré tout. Et là ce n'est même pas pour faire de la lèche ou quoi que ce soit. Simplement, ils n'ont pas été, eux aussi, préparés à accueillir une déesse. Les élèves ? Les banderoles j'pouvais les coller au cul. De même que l'équipe, ils n'ont été au courant que la veille qu'ils allaient enfin avoir quelqu'un pour leur assurer les cours. Quel fût l'accueil des élèves ? Les regards inquisiteurs, les questions sur 'Nanmé keske vous foutez donc là ?' Passke faut pas déconner, y'a pas que Mam'zelle dans l'histoire qui n'a pas été préparée. Mais se sont-ils une seule fois posée la question en rédigant ce papelard qu'ils allaient poser cette question à quelqu'un qui enseigne en milieu difficile ? Comment ont été mes premiers contacts ? Mais regardez un peu les gamins qui sont chez nous, vous aurez des réponses. Rencontrez des parents, vous vous ferez une petite image sur la population. Les élèves, ils sont à la fois en difficulté scolaire, sociale, familiale, ils ont très souvent de lourds passés (je ne compte plus les récits tous plus affligeants de vies de certains gosses qui font vraiment mal au coeur …). Ce sont de pauvres gosses autant que des gosses pauvres. Là, on ne touche même pas à la question du rapport entre l'étudiant et l'élève, de sa crédibilité et toussa, on veut juste se faire mousser en entendant que oui, tout est super chouette, choupinet, qu'on colle des gommettes en cours et qu'on chante des comptines. Désolée, mais quand je leur fous ne serait-ce qu'un document audio, ils gloussent comme des débiles. Et mes gamins, ils ont beau être dans des situations 'difficiles' ils n'en restent pas moins pour autant des adolescents. Et un adolescent, c'est plus ou moins la même chose partout. Un adolescent, en règle générale, à l'heure actuelle, ça ne pense qu'à aller discuter avec ses amis sur Facebook, à aller raconter les derniers ragots sur MSN, ça écoute la plupart du temps des musiques affligeantes qui font sérieusement saigner les tympans à base de Sara Sofia 'Ohe Oha Vas a Soñar' ou de Moussa Tombola 'Logobitombo' (quelle culture dites moi !). Et ce ne sont pas des gamins 'difficiles' non, ce sont des gamins normaux. Avec des parents aux vies stables. Un jeune, ça a toujours des goûts de chiotte, et l'école c'est 'trop relou 'tin !'...

 

Ah... si seulement je pouvais retourner à l'époque où on pouvait trouver des élèves avec des autocollants 'J'aime l'école !' et bien oui, celui-là il se faisait bien traiter sa race de petit fayot. C'est encore un autre débat...

Il faut bien que je me mette dans le crâne que tout ça, c'est de l'enrobage médiatique, enroulé dans du sucre, du miel, ça va coller, ça va friser l'ecoeurement, certains seront repus tandis que d'autres auront la gerbe. C'est simplement que je suis coûte que coûte prise dans ce piège, dans ce système que je ne cautionne pas mais dont je 'profite' tout de même. Que faudrait-il faire ? Qu'il n'y ait aucun volontaire ? Ah mais on s'en tape la coquillette mes p'tits pères, je mets ma main à couper en petits morceaux hachés menus que dans quelques années, voire même très bientôt, les étudiants seront obligés de jouer au prof quand il se destinera aux métiers de l'enseignement. Il sera lâché sans repères, sans préparation au préalable. Pourquoi Mam'zelle a été choisie ? Non, ce n'était pas du hasard. S'il vous plait, ne voyez là une seule once de j'me la pète grave tavu, mais une réalité. Mes petits camarades rament leurs races, ils sont noyés. Mam'z, elle flotte, grâce à l'aide précieuse que sont les pagais de secours, les collègues. Sans leur soutien, leur aide, leurs conseils, et leur disponibilité, je ne pense pas que j'aurais pu tirer un bilan aussi positif à M + 2. Mois + 2 je précise. Un autre effet positif, mais qui ici n'engage que Mam'zelle, et que j'ai absolument pas envie d'évoquer à leur petite réunion, devenir l'espace d'une année professeur, même si peut-être ce ne sera pas mon avenir, ma carrière, m'aura permis de savoir gérer des responsabilités. De se sentir responsable, grande, grandie. Sur le plan tout à fait personnel, ces débuts auront contribué à forger une partie de mon caractère qui ne se manifestait que très rarement : la confiance en soi. C'est bien pour cela que j'ai ci-dessus précisé qu'il ne s'agit ici d'aucune vantardise, seule la constatation de l'évolution que ceci aura opéré sur ma personne et ma personnalité. Savoir dire non à un élève, c'est aussi apprendre à savoir dire non à d'autres occasions. A savoir ce que l'on veut tracer comme trajectoire. C'est aussi repenser sa vie, voir les choses sous un autre angle, avec du recul. La perception des autres change également. Etre propulsée aussi violemment dans le monde du travail me fait comprendre que désormais, les priorités ont changé. C'est penser à soi, à sa vie, et non plus aux autres. A leur vie. Même si c'est toujours difficile de dire adieu à certaines personnes, je comprends mieux désormais quand le consulting man me disait que nos vies n'étaient pas les mêmes. Non pas que dorénavant je ne pourrais fréquenter que des profs (loin de moi cette idée... il reste les banquiers !) mais je m'éloigne des seules préoccupations étudiantes de bouffer au RU ou non. Ma vie n'est plus rythmée par les études, elle est également rythmée au son du travail, et se sentir responsable dans son travail est une chance et une fierté que je ne cesserai de convoiter. Toussa pour dire que si j'ai été choisie, c'est aussi passke je représente le positif dans leur système. Malgré moi. Passk'ailleurs, ça ne fonctionne pas aussi bien. Passke moi, j'ai la gniaque, j'ai l'envie.

 

Mais non … il faudra bien que tout va bien dans le meilleur des mondes. Bienvenue dans un village Potemkine.

 

JOUR J !!!!!!

 

Vous voulez savoir comment Mam'zelle a loupé son réveil ? Vous voulez savoir quelle est la marque du parfum de Misteur Recteur ? Vous voulez savoir ce que mes élèves ont foutu pendant cette intervention ? Vous voulez savoir à quel point j'ai eu des compliments comme quoi Mam'zelle était trop sex today ? Voulez-vous savoir qu'elle a fait l'amour à la caméra et qu'elle va passer sur la chaine la plus pourrie au monde ? Vous voulez savoir si Le Tigre a été sympa ? Vous voulez savoir ce que j'ai fait d'extraordinaire avec Misteur Recteur ? Vous voulez voir la photo de Mam'zelle qui va paraitre et qu'elle a dû descendre des marches comme une Miss France avec le petit salut de la main qui fait bien cruche ? Vous voulez savoir qu'ensuite, elle a assisté à son premier conseil de classe et qu'elle a été dépucelée des conseils de classe avec collègue mignon à côté que Mam'zelle lui faisait des sourires trop cochons ? Vous voulez voir les petits dessins que Mam'zelle a dessiné sur les feuilles des moyennes des élèves ?

Dans ce cas, il faut me le faire comprendre. 

Les lapins,

Je dois mettre fin à cet article. Tourner la page. Donc faire le récit de Misteur Recteur. Mam'zelle devait aller dans son établissement à huit heures tapantes. On devait l'amener. Et pis... réveil à 7h30, toujours à la maison. Bien évidemment, il fallait qu'il arrive une seule chose et je l'ai fait : la panne de réveil. Mais va chier hein ! Après deux trains, un taxi qui a couté la peau du cul, j'arrive pile pwal pour mes choupinous élèves pour la dernière représentation. Bon, ils stressent, mais rien de bien grave. Je crois que le pire, c'est Mam'zelle qui stresse, et tout le monde qui lui en parle. Après avoir mangé et avoir engrengé la fumée d'une usine à tabac, j'ai cru décédifier.

Une heure avant de commencer, les collègues d'amour étaient en train de confectionner leur jolie banderole pour dire fuck à Misteur. Pour m'asphyxier in the room of the teachers, c'était parfait. Mam'zelle tente de faire bonne figure, de raconter des couneries à tous les collègues pour faire la maline. Mais n'en mènes pas large. Et pis tutrice choupinette arrive. Et pis 14 heures sonnent...

Avec tutrice, nous rentrons dans la salle. Bon, on savait que Misteur allait venir un peu plus tard, donc en attendant, on s'est fait chier, et grave. Et pis là... toc toc.

Fébrilement, Mam'zelle va ouvrir la porte. Et voit une dizaine de personnes derrière. En tête de cortège : Misteur Recteur. Qui s'avance... Et qui... qui... fait la bise à Mam'zelle ! Alors pour info, il pue la cocotte. C'est dingue comme plus on est haut fonctionnaire, plus on doit mettre du parfum. Le Tigre, derrière, fait des yeux de poisson-chat. Kwâ ? Misteur Recteur qui s'abaisse à faire un bisou ? Mais qu'ai-je donc fait pour le charmer autant... ?

On commence le cours. Dans la salle, les caméras et les photographes s'acharnent à tout immortaliser. Et à Mam'zelle d'être tétanisée. J'ai pas vu la tronche de Misteur Recteur. Mais je suis mon cours... Et là...

Et là, mes élèves ! 'Tin ! Nous avions prévu cette fameuse petite "interview" ""improvisée"", et une élève devait prendre la parole pour interroger ses camarades, "au hasard". On lui avait pourtant bien rappellé de n'interroger QUE les bons élèves. Elle annonce le premier prénom : celle qui a 3,3 de moyenne. Deuxième : un clampin qui s'amuse à raconter des couneries. Mam'zelle lance un regard désespéré à tutrice choupinette. Je me meurs. Je tente donc de faire les gros yeux à l'élève, en la guidant vers les BONS élèves. Quand me vient, telle une lumière divine, l'idée du siècle. Et si on interrogeait Misteur Recteur tiens ?! Bah voui, faut changer la conjugaison et pis toussa. Je me sauve in extremis de la merte. Et Misteur Recteur était trop en joie après d'avoir été sollicité. A la fin, passke ça a quand même passé vite, tutrice me dit que c'était génial de faire ça. Misteur Recteur sort, et j'engueule mes élèves. Nan mais putain sa mère. Les choupinous sortent, et on m'attend. Pour la tivi. M'enfin tivi... quand on parle de la chaine qui parle de tousski y'a de local chez nous avec des pubs sur les trucs obsèques, la loose. Quand elle (la journaliste) m'a annoncé quelle était la chaine, j'ai quand même fait une sacrée gueule. Mais bon, y'a un micro, et une caméra alors c'est chouette ! Mam'zelle s'asseoit, fait l'amour à la caméra, et débute à bafouiller sa race. Putain...

Mais je suis vivement attendue pour the big réunion. J'arrive dans les salles de réunion, où tout le gratin est là. La trentaine de personnes kwâ. Je retrouve mes camarades. Avant on va faire des photos où on doit descendre des marches et faire les pouffs. Et pis la réunion commence. Assise en face de Misteur Recteur, j'avoue que je n'écoutais pas grand chose. Et on nous demande de prendre la parole. Un camarade la saisit telle une perche et annonce une belle counerie : "Pourkwâ j'ai choisi ça ? Pour le plaisir d'enseigner." Plaisir d'enseigner ? Mais t'es con ou quoi ? Plaisir d'enseigner... viens chez moi et tu vas revoir tes belles paroles aseptisées. Mam'zelle se tait mais a sacrément envie de l'ouvrir. En gros, Mam'zelle a juste parlé pour dire des trucs pas très intéressants.

Fin de la réunion : petits fours avalés, félicitations de la part de tout le monde. Je sors. Croise un collège choupinou qui s'exclame : "HAAAAN ! Comment tu es beeeeeeeeeeeelle !" hé ouais. Tout le monde m'a fait des compliments sur la beauté de Mam'zelle en ce jour divin. J'accompagne une coupine pour lui montrer mon milieu naturel. On rentre in the room of the teachers et là...

Collègue mignon ! Qui me fait un laaaaaaaarge sourire. Et que je réponds bien évidemment. On m'acclame comme la star de la journée, et ouais. Mais je dois abandonner les festivités rec'. Avant que Le Tigre me félicite en m'abreuvant de nicotine.

Pourkwâ quitter ? Passke conseil de classe. Et biensûr, je n'ai pas loupé l'occasion. Certes crevée, y'avait collègue mignon. Ca n'a pas loupé : Mam'zelle s'est foutue à côté de lui, et l'a reluqué tout du long. Bon, un conseil de classe, c'est bien pour casser du sucre sur le dos des élèves.

 

Bilan de toussa : Trop de préparations pour pas grand chose. Trop de stress de la part de tout le monde pour que dalle. C'était la routine pour Misteur Recteur, pour Mam'zelle c'était une journée esseptionnelle. Je tiens néanmoins à vous remercier les lecteurs même si en tout, seules quatre personnes ont commenté ces aventures. C'était bien choupinou de vot' part. Maintenant... on passe à autre chose. Passke pour Mam'zelle, les vacances c'est dans 8 jours, et non 10. Passke ça ne va pas être de tout repos. Et comme cet article était bien conséquent, le prochain sera bien plus light et moins chiant à lire. J'vous love, danke schön et bye bye !