Il y a des jours comme ça, où même si ça fait des mois que tu n'as pas écrit une ligne sur ton blog, tu te rues dessus dès que tu rentres à la baraque.

Il y a des jours comme ça, où malgré le fait qu'hier tu pensais à ton futur départ de cet établissement avec une petite pointe de nostalgie rapport "ma première fois dans l'éducation nationale" et tu te disais que les gamins, ils allaient te rester en mémoire, et pas d'une manière trop trop péjorative aujourd'hui tu envoies tout balader...

Il y a des jours comme ça, où comme t'as l'impression qu'on te file mille couteaux dans le bide par heure t'es pas dans une forme olympique et je passe les détails.

Il y a des jours comme ça, où t'as juste pensé de toi que tu n'as été qu'une enseignante bouseuse incapable de réaliser un cours correct, enrichissant et constructif mais plutôt quelque chose ressemblant à s'y méprendre à de la matière fécale.

Il y a des jours comme ça, où tu te fais encore une fois rabaisser par une Vipère avide de pouvoir et qui fait tout pour assouvir ses pulsions alors que ce serpent ne dirige qu'un petit établissement minable de Province tout juste bon à être classé dans les pires horreurs de la région, et pis tu ne dis rien, sans broncher. Que tu n'as envie que de lui dire qu'elle est aussi inerte qu'un chou-fleur et autoritaire qu'un poireau.

Il y a des jours comme ça, où les élèves choupinets, tu ne les vois même plus. Où tu es exaspérée par un tel qui te parle comme à son chien et encore s'il en a un il doit mieux le traiter, où tu soupires en voyant machin ne rien faire à part éclater des cartouches d'encre sur une feuille et faire mumuse avec des ciseaux, où tu pleures intérieurement quand truc te dit de rentrer chez toi plutôt que de donner cours, où machinbidulechouette te casse les bonbons que tu ne possèdes pas dans tes sous-vêtements.

Il y a des jours comme ça, où la rumeur de liaison entre ton collègue et toi, ça te faisait rigoler au début mais là tu satures. Que tu en as ras la casquette que les élèves te lancent des sous-entendus plus que douteux, fassent exprès de ranger les feuilles de SON cours dans le cahier de TA matière, simplement pour te causer de lui. A la rigueur t'as juste envie de leur dire que ouais, tu lui fais des cochoncetés tous les soirs pour qu'ils se taisent (private joke inside).

Il y a des jours comme ça, où bordel, un 2 avril c'est insensé qu'il fasse aussi froid et que malgré cela, t'as du soleil qui cogne direct sur ta salle de classe la transformant en sauna/hammam odeurs adolescentes comprises, et que manque de budget (mes fesses) t'as un rideau troué qui n'a pas été changé depuis... que je suis née j'imagine.

Il y a des jours comme ça, où le train t'énerve. Le bus t'insupporte. Que passer des heures dans les transports va bientôt te filer la nausée.

Il y a des jours comme ça, où t'aimerais bien dormir mais manque de bol ma cocotte, t'auras beau te shooter de cachetons, ta douleur ne cessera pas et Morphée te dira d'aller te faire voir.

Il y a des jours comme ça, où en réalité t'aimerais être je ne sais pas... par pur hasard à un peu plus de 500 bornes de chez toi.

Il y a des jours comme ça, où tu te dis que toi aussi, t'as encore des devoirs à faire, que comment veux-tu être une prof alors que tu n'es encore qu'une élève/étudiante.
 Et que jongler entre les deux, c'est compliqué.

Il y a des jours comme ça, où tu te dis que tu n'as même pas commencé ton mémoire et qu'on t'a comme qui dirait abandonnée à la fac.

Il y a des jours comme ça, bah tu te rends compte que t'as même pas le CAPES. Que ça craint. Qu'il faut réviser passke les écrits c'est fait (ouais ouais, reçue aux écrits, youhou joie dans ma petite culotte !) mais les oraux approchent, et tu ne sais pas encore comment tu vas réussir à caser quelques semaines de révisions.

Il y a des jours comme ça, petit interlude littéraire, où un seul être vous manque et tout est dépeuplé. Que tu aimerais bien rentrer chez toi et avoir les bras rassurants que tu connais, alors tu les imagines. Pis tu te consoles avec une boule de poils qui ronronne et qui tout de même sent que tu satures et qui vient te regarder avec des grands yeux inquisiteurs.

Il y a des jours comme ça, où tu te dis que l'on est que mardi.

Et puis il y aura demain.